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Belgique : six mois de prison ferme pour un commentaire raciste sur Facebook (mer., 17 oct. 2018)
Belgique : six mois de prison ferme pour un commentaire raciste sur Facebook Un Belge s’était réjoui de la mort d’un compatriote d’origine turque dans l‘attentat commis à Istanbul en janvier 2017, dans un commentaire raciste sur Facebook. Il a été condamné à une peine sévère : six mois de prison ferme et 4 000 euros d'amende. Diffuser un message de haine raciale sur Facebook peut coûter très cher. Un internaute belge, qui s’était réjoui sur Facebook de la mort d'un concitoyen à cause de ses origines turques, s'est vu infliger six mois de prison. «Qu’importe qui nous sommes, nous massacrons ces cafards», avait écrit cet internaute Belge sur Facebook à la suite de l'attentat islamiste sanglant survenu le 1er janvier 2017 à Istanbul dans une discothèque, et qui avait causé la mort de 39 personnes. Ce message de haine raciale envers les Turcs en guise d'oraison funèbre a valu à son auteur jugé en Belgique une condamnation à six mois de prison ferme et 4 000 euros d’amende. "Qu’importe qui nous sommes, nous massacrons ces cafards"L'enquête a révélé que le prévenu était coutumier des commentaires incitant à la haine raciale sur les réseaux sociaux. «Confronté à ses propos et à leurs conséquences, il n’a exprimé aucun regret», a expliqué Patrick Charlier. A défaut de toute prise de conscience chez le condamné, la sévérité de la peine est toutefois l’indicateur que la justice belge peut se montrer ferme à l’égard des individus coupables de propos racistes sur les réseaux sociaux. Patrick Charlier, directeur du centre pour l'égalité des chances Unia qui s'était constitué partie civile, a réagi au verdict : «Ce jugement est essentiel. Ce qui se dit sur les réseaux sociaux touche de véritables personnes. Beaucoup d’internautes pensent encore qu’ils peuvent tout se permettre sur la toile. Ce n’est pas le cas. L’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination est interdite dans la rue et sur internet.» « Qu’importe qui nous sommes, nous massacrons ces cafards ». L'homme qui a rédigé ce message suite au décès d'un homme belgo-turque à Istanbul a été condamné, aujourd'hui, à une peine de prison ferme de 6 mois et à une amende de 4.000 euros. https://t.co/PBIKoAn46P pic.twitter.com/2ivO1PZvla — Unia (@unia) 16 octobre 2018 L'enquête a révélé que le prévenu était coutumier des commentaires incitant à la haine raciale sur les réseaux sociaux. «Confronté à ses propos et à leurs conséquences, il n’a exprimé aucun regret», a expliqué Patrick Charlier. A défaut de toute prise de conscience chez le condamné, la sévérité de la peine est toutefois l’indicateur que la justice belge peut se montrer ferme à l’égard des individus coupables de propos racistes sur les réseaux sociaux. En France, l'auteur de propos haineux publics s'expose à une amende pouvant atteindre 48 000 euros et une peine allant jusqu'à un an de prison. Selon les données de la plate-forme Pharos, qui dépend du ministère de l’intérieur, 4409 signalements de provocation à la haine et discriminations raciales, ethniques ou religieuses ont été compilés en 2017 en France. https://francais.rt.com/international/54668-belgique-six-mois-prison-ferme-commentaire-raciste-facebook
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Interdit d'interdire : Montée des nationalismes et des droites extrêmes : retour aux années 30 ? (mer., 17 oct. 2018)
Interdit d'interdire : Montée des nationalismes et des droites extrêmes : retour aux années 30 ? Frédéric Taddeï reçoit Thomas Guénolé, politologue et candidat France Insoumise aux élections européennes, Annie Lacroix-Riz, historienne , François Bousquet, rédacteur en chef de la revue «Eléments» et Pierre Birnbaum, historien et sociologue. <iframe width="640" height="420" src="https://www.youtube.com/embed/Csu-lbTum8k" frameborder="0" allow="autoplay; encrypted-media" allowfullscreen></iframe> https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/54680-interdit-dinterdire-montee-nationalismes-droites-extremes-retour-annees-30
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Buenos Aires, 30 novembre : Bienvenue au G20 de l’enfer ! (mer., 17 oct. 2018)
Les dirigeants mondiaux se débattent dans un maelström de problèmes complexes et brûlants dans la perspective du sommet du 30 novembre Buenos Aires, 30 novembre : Bienvenue au G20 de l’enfer ! Le G20 qui se tiendra à Buenos Aires le 30 novembre pourrait mettre le feu au monde, peut-être au sens propre. Commençons par la guerre commerciale entre les USA et la Chine. Washington ne commencera même pas à discuter du commerce avec la Chine au G20, à moins que Beijing ne présente une liste assez détaillée de possibles concessions. Ce que disent les négociateurs chinois n’est pas du tout sombre. Une sorte d’accord pourrait être trouvé sur environ un tiers des demandes US. Un débat sur un autre tiers pourrait s’ensuivre. Mais le dernier tiers est absolument hors de toute discussion – en raison des impératifs de sécurité nationale de la Chine, comme le refus d’autoriser l’ouverture du marché national de l’informatique dématérialisée à la concurrence étrangère. Beijing a nommé le vice-Premier ministre Liu He et le vice-Président Wang Qishan pour superviser toutes les négociations avec Washington. Leur tâche est ardue trouver un créneau dans la capacité d’attention limitée du président Donald Trump. De plus, Beijing exige un « interlocuteur compétent » ayant l’autorité de négocier au nom de Trump, compte tenu de l’embouteillage de messages confus en provenance de Washington. Maintenant, comparez ceci avec le message de l’institut de recherche fabuleusement nommé Pensées de Xi Jinping sur le socialisme aux caractéristiques chinoises pour une ère nouvelle sous la direction de l’École du Parti du Comité central du Parti communiste de Chine (CPC) : les USA ont commencé la « friction commerciale » principalement « pour empêcher la modernisation industrielle chinoise ». C’est le consensus au sommet. Et la confrontation est appelée à s’aggraver. Le vice-Président Mike Pence a accusé la Chine de « s’immiscer dans la démocratie américaine », de « diplomatie de la dette », de « manipulation de la monnaie » et de « vol de propriété intellectuelle ». Le ministère des Affaires étrangères à Beijing a qualifié le tout de » ridicule « . Il est intéressant de prêter une attention particulière à ce que le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a dit au Conseil des relations étrangères, le plus diplomatiquement possible : «La Chine suivra une voie de développement différente de celle des puissances historiques». Et la Chine ne cherchera pas l’hégémonie. Du point de vue de la stratégie de sécurité nationale des USA, le propos n’est pas là : la Chine a été qualifiée par Washington de concurrent féroce et même de menace. Le président Xi Jinping ne cédera pas aux exigences commerciales de Washington. Attendez-vous donc à une possible non-rencontre entre Xi et Trump à Buenos Aires. La menace d’une première frappe nucléaire Les choses ont l’air encore plus compliquées sur le front russe. Malgré la patience taoïste du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, les cercles diplomatiques moscovites sont exaspérés par les menaces sérieuses des USAméricains – comme celle d’un éventuel blocus imposé par l’US Navy dans le but de restreindre le commerce russe de l’énergie. Ou pire encore : l’ultimatum selon lequel la Russie doit cesser de développer un missile qui, selon Washington, viole le Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI), sinon le Pentagone se chargerait de le détruire. C’est aussi grave que cela peut l’être, parce que cela revient à une menace de première frappe nucléaire US. Parallèlement, Bob Dudley, PDG de BP, a déclaré lors de la conférence Oil & Money à Londres que toute sanction US supplémentaire à l’encontre des grandes entreprises énergétiques russes serait désastreuse. « Si des sanctions étaient imposées à Rosneft, Gazprom ou Lukoil comme ce qui s’est passé avec Rusal, vous feriez pratiquement fermer les systèmes énergétiques de l’Europe, ce serait un peu extrême », a-t-il dit. Sur le front des BRICS, la Russie et l’Inde ont habilement manœuvré seules et ont réussi à bousiller une partie de la planification géostratégique US contre les trois grands pôles de l’intégration eurasiatique : Russie, Chine et Iran. Le Quad – USA, Japon, Australie et Inde – a été conçu pour contrer la Chine à travers l’Indo-Pacifique, tout en limitant la marge de manœuvre de la Russie. Le Quad n’est pas exactement en très bonne forme après la décision de l’Inde d’acheter les systèmes de missiles russes S-400. Trump a promis de se venger. En plus de l’accord des S-400, les sociétés russes vont construire six autres réacteurs nucléaires en Inde, d’un coût de 20 milliards de dollars chacun, au cours de la prochaine décennie. Rosneft a signé un contrat de 10 ans pour vendre à l’Inde 10 millions de tonnes de pétrole par an. Et l’Inde continuera à acheter du pétrole à l’Iran, en le payant en roupies. Sur le front de l’UE, tout tourne autour de l’Allemagne. Il y a peu d’illusions à Berlin sur l’avenir chancelant de l’UE. L’économie allemande basée sur les exportations est axée sur l’Asie. L’Allemagne redouble d’efforts pour consolider un modèle de style asiatique : miser sur quelques grandes entreprises qui sont des champions nationaux capables de stimuler les exportations. Le marché US – sous des vents protectionnistes – n’est plus qu’un marché de second plan.
Buenos Aires, 30 novembre : Bienvenue au G20 de l’enfer ! Tropiques toxiques Et puis il y a la tragédie brésilienne. Le président Mauricio Macri a ruiné l’Argentine avec un choc néolibéral. Le pays est maintenant un otage du FMI. Un scénario possible est celui d’un G20 dans lequel l’Argentine apprendrait à traiter avec un dirigeant fasciste de son voisin proche et principal partenaire commercial, le Brésil. L’ancien parachutiste Jair Bolsonaro est peut-être xénophobe et misogyne, mais certainement pas nationaliste. Le « Messie » tropical autoproclamé [son deuxième prénom est Messias, NdE] salue régulièrement le drapeau yankee. Son homme de main économique est un Chicago Boy déterminé à vendre le pays – pour le plus grand plaisir des « investisseurs » et des experts du « marché » de New York et de Zurich à Rio et Sao Paulo. Oubliez la création d’emplois ou même la tentative de résoudre les immenses problèmes sociaux du Brésil : inégalités sociales aiguës, investissements urgents dans la santé et l’éducation, insécurité urbaine. La seule « politique » de Bolsonaro est de surarmer la population dans un remix de Mad Max. Tout sous Bolsonaro devrait se dérouler sous le règne absolu d’un marché « libre » hobbesien. Oubliez toute possibilité d’intervention modératrice de l’Etat dans les relations complexes entre capital et travail. C’est le point culminant d’un processus complexe déclenché il y a des années au Brésil par le biais de groupes de réflexion tels que le réseau Atlas, de déversements de tonnes d’argent et, enfin, par-dessus tout, un tsunami d’évangélistes/néo-pentecôtistes. Les piliers du carnage brésilien sont de puissants intérêts dans le secteur agroalimentaire et l’exploitation minière, les médias traditionnels toxiques brésiliens, les évangélistes, un secteur financier totalement soumis à Wall Street, l’industrie des armes, le système judiciaire complètement politisé, la police, les services de renseignement et les forces armées. Et les stars du show sont bien sûr le conglomérat des 3 B (Beef-Bible-Bullet, Bœuf-Bible-balle) – avec leurs dizaines de membres du Congrès – supervisé par la déesse du marché. Le néolibéralisme ne gagne jamais les élections au Brésil. La seule façon de mettre en œuvre les « réformes » consiste donc à passer par un sous-Pinochet. Attendez-vous à des ravages sociaux et environnementaux généralisés, à des assassinats aveugles de dirigeants brésiliens ruraux et indigènes, à une véritable aubaine pour l’industrie des armes, à des banques célébrant Noël chaque semaine, à une répression culturelle abyssale, à une dénationalisation totale de l’économie et les travailleurs et retraités payant pour toutes ces « réformes”. Bref, business as usual. Les tendances fascistes de Bolsonaro n’ont pas été banalisées uniquement par les pouvoirs en place au Brésil. Le ministre argentin des Affaires étrangères, Jorge Faurie, l’a qualifié de politicien de « centre-droit ». Beijing et Moscou – pour des raisons BRICS – et l’UE à Bruxelles sont consternés par la descente du Brésil dans le tourbillon. La Russie et la Chine comptaient sur un Brésil fort contribuant à un monde multipolaire, comme à l’époque de Lula, qui était l’un des principaux moteurs du BRICS. Pour l’UE, il est difficile de soutenir un fasciste qui dirige leur principal partenaire commercial en Amérique latine et constitue le cœur du Mercosur. Pour l’ensemble des pays du Sud, l’implosion du Brésil, l’un de ses leaders, est une tragédie totale. Résumons donc le tableau : Washington comme un condensé enragé de menaces et de sanctions ; une UE fracturée jusqu’à l’os, dénonçant l’illibéralisme asiatique tout en étant impuissante à lutter contre « la montée des déplorables » chez elle ; des BRICS en plein désarroi, avec deux d’entre eux dans un affrontement sérieux avec Washington, un qui est hors-jeu et un autre sur la touche, parmi les quatre premiers ; une maison des Saoud pourrissant de l’intérieur ; un Iran qui n’est même pas à la table du G20. Bref, on vit une époque formidable, de quoi chanter What a Wonderful World. Traduit par Avic Edité par Eve Harguindey Merci à Tlaxcala Source: http://www.atimes.com/article/welcome-to-the-g-20-from-hell/ Date de parution de l'article original: 14/10/2018 URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24343
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Crise économique et désordres mondiaux (mer., 17 oct. 2018)
Crise économique et désordres mondiaux Dix ans après la faillite de Lehmann Brothers, les contributions se multiplient, autour de deux questions : comment cela est-il arrivé ? Est-ce que cela peut se reproduire ? Mais elles sont à peu près toutes centrées sur les dérives de la finance, passées ou à venir. Le point de vue adopté ici est un peu différent, puisqu’il cherche à identifier les racines économiques des désordres mondiaux. Son fil directeur est le suivant : l’épuisement du dynamisme du capitalisme et la crise ouverte il y a dix ans conduisent à une mondialisation de plus en plus chaotique, porteuse de nouvelles crises, économiques et sociales*. Le capitalisme essoufflé Le dynamisme du capitalisme repose en dernière instance sur sa capacité à dégager des gains de productivité, autrement dit à faire croître le volume de marchandises produites en une heure de travail. Depuis les récessions généralisées de 1974-75 et 1980-82, les gains de productivité ont tendanciellement ralenti. On est passé de ce que certains ont qualifié d’« Âge d’or » (pour souligner le caractère exceptionnel de cette période) au capitalisme néo-libéral, aujourd’hui menacé par une « stagnation séculaire ». Durant cette période, le capitalisme a réussi cette prouesse : rétablir la profitabilité en dépit du ralentissement des gains de productivité illustré par le graphique 1 ci-dessous [1].
Crise économique et désordres mondiaux
Cela n’a été possible que par un freinage à peu près universel des salaires, dont la part dans le revenu baisse tendanciellement. Et ce résultat a été lui-même obtenu grâce à un ensemble de dispositifs réagissant les uns sur les autres (mondialisation, financiarisation, innovations technologiques, endettement) dont il serait vain de vouloir décomposer les contributions relatives. Les inégalités font partie intégrante de ce modèle cohérent, mais dont la cohérence ne pouvait être durable [2]. Ce sont les contradictions de ce modèle qui ont conduit à la crise de 2007-2008. La mondialisation est bien l’un des éléments essentiels de ce modèle, mais la crise a eu pour effet d’en modifier les caractéristiques. Le grand basculement du monde La décennie précédant la crise a été marquée par la montée des pays dits émergents, et notamment la Chine. Cette « émergence » est portée par une nouvelle organisation de la production dont les différents segments sont répartis sur plusieurs pays, du stade de la conception à celui de la production et de la livraison au consommateur final. Ces « chaînes de valeur mondiales » sont instaurées sous l’égide des firmes multinationales qui tissent une véritable toile enserrant l’économie mondiale. Un smartphone est aujourd’hui conçu, produit et commercialisé par des travailleurs aux quatre coins du monde. Cette nouvelle forme de mondialisation a servi d’échappatoire à la crise du début des années 1980, en ouvrant un réservoir de main-d’œuvre à bas salaires, encore accru après l’effondrement du « socialisme réel ». Mais elle a conduit à un véritable basculement de l’économie mondiale, comme en fait foi la répartition de la production manufacturière mondiale (hors énergie) : elle a augmenté de 62 % entre 2000 et 2018, mais la quasi-intégralité de cette progression a été réalisée par les pays dits émergents où elle a bien plus que doublé (+152 %) alors qu’elle n’a que faiblement progressé dans les pays avancés (+16 %). Les pays émergents réalisent aujourd’hui, 42 % de la production manufacturière mondiale, contre 27 % en 2000 (graphique 2) [3]. Dans certains pays, comme la Chine et la Corée du Sud, cette industrialisation est de moins en moins cantonnée aux industries d’assemblage (textile ou électronique) et marque une « remontée des filières » vers des produits de haute technologie, voire des biens de production.
Crise économique et désordres mondiaux
L’opposition entre pays « avancés » et « émergents » est cependant une grille de lecture trompeuse. Au début du siècle, Rosa Luxembourg pouvait définir l’impérialisme comme « l’expression politique du processus de l’accumulation capitaliste se manifestant par la concurrence entre les capitalismes nationaux [4] ».Nicolas Boukharine décrivait un « processus de nationalisation du capital, c’est-à-dire la création de corps économiques homogènes, enfermés dans les frontières nationales et réfractaires les uns aux autres [5] ». Chaque pays impérialiste partait alors à la conquête du monde, d’où la première guerre mondiale, qualifiée d’inter-impérialiste. Mais aujourd’hui la carte des États et celle des capitaux ne coïncident plus. Il faut donc abandonner la représentation d’un face-à-face asymétrique entre pays impérialistes et pays dépendants et la remplacer par un concept d’économie mondiale structurée selon une logique de développement inégal et combiné portée par les firmes transnationales. États et capitaux A partir du moment où la carte des États et celle des capitaux sont de plus en plus disjointes, il faut penser autrement les relations qu’ils entretiennent. Certes, les liens privilégiés entre telle multinationale et « son État » n’ont évidemment pas disparu et l’État cherchera à défendre les intérêts de ses industries nationales. La prise de distance vient plutôt du fait que les grandes entreprises ont le marché mondial comme horizon et que l’une des sources de leur rentabilité réside dans la possibilité d’organiser la production à l’échelle mondiale de manière à minimiser leurs coûts et à localiser leurs profits dans les paradis fiscaux. Elles n’ont aucune contrainte les forçant à recourir à l’emploi domestique, et leurs débouchés sont en grande partie déconnectés de la conjoncture nationale de leur port d’attache. Cela veut dire que la faible croissance du marché intérieur d’un pays est supportable pour les entreprises de ce pays, à partir du moment où elles disposent de débouchés alternatifs sur le marché mondial. La tâche des États, et c’est particulièrement vrai en Europe, n’est plus tellement de défendre leurs « champions nationaux » mais de tout faire pour attirer les investissements étrangers sur leur territoire. Cette organisation de la production mondiale a été rendue possible et construite par des décisions politiques visant à renverser tous les obstacles à une libre circulation des capitaux à travers le monde. Elles ont été mises en œuvre par des institutions et des traités internationaux, et souvent imposées aux pays dépendants sous forme de plans d’ajustement structurels. La mondialisation conduit donc à un entrelacement de relations de pouvoir qui s’organisent selon ce que l’on pourrait appeler une double régulation contradictoire. D’un côté, les États cherchent à défendre leur rang dans l’échelle des puissances nationales, tout en garantissant les conditions de fonctionnement du capitalisme mondialisé. D’un autre côté, ces mêmes États doivent concilier les intérêts divergents des capitaux tournés vers le marché mondial avec ceux du tissu d’entreprises produisant pour le marché intérieur, et à gérer la conflictualité sociale intérieure. Les relations de pouvoir économique sont aujourd’hui structurées selon deux axes : un axe « vertical » classique opposant les États nationaux, et un axe « horizontal » correspondant à la concurrence entre capitaux. Les institutions internationales fonctionnent alors comme une sorte de « syndic d’États capitalistes » mais il n’existe aujourd’hui ni « ultra-impérialisme », ni « gouvernement mondial. » Le capitalisme contemporain échappe au contraire à toute véritable régulation et fonctionne de manière chaotique, ballotté entre une concurrence exacerbée et la nécessité de reproduire un cadre de fonctionnement commun. Les prérogatives de l’État-nation n’ont pas pour autant été supprimées, contrairement à certaines thèses unilatérales. S’agissant de l’économie mondiale, il en est une qui subsiste : le contrôle des matières premières.
Crise économique et désordres mondiaux La maîtrise des matières premières La lutte permanente pour l’accès aux matières premières n’a jamais cessé et engendre déséquilibres et conflits. On pense évidemment à l’énergie : au pétrole, à l’uranium, etc. Il faut y ajouter les terres spoliées [6] au profit de l’agriculture productiviste, de l’hydroélectricité et de l’exploitation minière. L’accès à l’eau engendre aussi nombre de conflits régionaux. La mondialisation a pour effet de déstabiliser l’agriculture paysanne, soit en inondant le pays d’importations de produits alimentaires, soit par l’accaparement des terres. En même temps, les investissements internationaux ont souvent comme motif de délocaliser les productions les plus polluantes dans les pays aux législations peu exigeantes. Tous ces mécanismes sont encore aggravés par le changement climatique, de telle sorte que l’on peut finalement avancer l’idée que les transferts au sens large (déchets, pollutions, réchauffement, sécheresses, pluies torrentielles, produits agricoles subventionnés, semences brevetées, engrais et pesticides) sont « les causes des exils forcés [7] » Ce tableau comporte cependant le risque d’un déterminisme un peu trop simpliste qui conduirait à oublier l’articulation avec d’autres facteurs sociaux et politiques. Soutenir par exemple que la guerre civile en Syrie a été fomentée en sous-main afin de préserver les intérêts des grands groupes pétroliers serait évidemment très réducteur. Mais cette détermination – à laquelle se rajoutent les ventes d’armes –existe bien, comme le montre une analyse troublante de deux économistes [8]. Ils montrent que les périodes où le taux de profit des quatre plus grands groupes pétroliers (BP, Chevron, ExxonMobil, Shell) baisse en dessous de la moyenne des grandes firmes sont suivies d’un conflit, depuis la guerre des Six Jours, jusqu’à la troisième guerre du Golfe en 2014. Même si les auteurs concèdent que leur « histoire du Moyen-Orient est en grande partie une fable » et que « les drames de la région (…) ont leur propre logique spécifique », leur article rappelle la nécessité de combiner correctement la volonté de mainmise sur les ressources et d’autres déterminations. L’épuisement de la mondialisation La première décennie de ce siècle a été dominée par un axe Chine/États-Unis (on parlait de Chinamerica) qui fonctionnait sur une logique de complémentarité. Les États-Unis vivaient à crédit avec un déficit extérieur financé par le recyclage des excédents, notamment celui de la Chine. Les investissements en Chine sous forme de joint ventures contribuaient au dynamisme de l’économie chinoise. D’autres pays s’intégraient dans cette division internationale du travail : les fameux « émergents » où encore les PECO [pays d’Europe centrale et orientale: 11 pays, certes très hétérogènes] vis-à-vis de l’Allemagne. Et l’axe économique transatlantique entre Europe et États-Unis se développait. Cette mondialisation était efficace du point de vue du capital et toute l’idéologie dominante se consacrait à en vanter les bienfaits, à convaincre de la nécessaire adaptation à la concurrence globale, ou à brandir la menace des délocalisations. Tout se passe comme si la dernière décennie, inaugurée par la crise de 2008, avait peu à peu fait apparaître les limites de cette organisation. Si on ne peut parler de fin de la mondialisation, il faut souligner les signes manifestes d’un épuisement qui semble durable. Le développement des chaînes de valeur mondiales était motivé, non seulement par la quête de faibles coûts salariaux, mais aussi par le potentiel des pays émergents en termes de gains de productivité. Leur ralentissement au centre pouvait être compensé par leur dynamisme à la périphérie. Or, l’un des phénomènes les plus frappants de la dernière décennie est que la progression de la productivité au Sud a nettement ralenti. Dans les pays émergents, « la croissance annuelle moyenne de la productivité globale des facteurs a été divisée par plus de trois, passant de +3,5 % (2000-2007) à un peu plus de 1,0 % (2011-2016) [9] ». C’est sans doute le facteur qui contribue à expliquer le ralentissement spectaculaire du commerce mondial. Jusque-là, ce dernier progressait deux fois plus vite que la production mondiale ; aujourd’hui il augmente au même rythme. L’une des raisons est que la Chine se désengage des chaînes de valeur : « les importations d’inputs destinés à être réexportés représentent désormais moins de 20 % des exportations totales de marchandises, contre 40 % pendant les années 90. Plusieurs facteurs expliquent ce retrait : hausse des salaires, réorientation vers des activités à plus fort contenu technologique, volonté d’une meilleure répartition des fruits de la croissance, appréciation du taux de change. [10] » Si on laisse la Chine de côté, on pourrait même parler de fin de l’émergence. Les autres pays des BRICS(Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud) n’ont pas réussi à dépasser durablement, comme l’ont fait la Chine ou la Corée du Sud, une spécialisation initiale fondée sur la fourniture de matières premières. Pierre Salama parle de « reprimarisation [11] » dans le cas du Brésil et d’autres économistes évoquent une désindustrialisation précoce [12]. En outre, les pays émergents sont soumis aux mouvements erratiques de capitaux qui induisent une instabilité chronique de leurs balances extérieures et de leur monnaie. Les cas récents de la Turquie et de l’Argentine en sont un exemple frappant mais on pourrait aussi citer les pays de l’Europe du Sud, désertés par les entrées de capitaux. Dislocation sociale La crise a servi de révélateur à un autre phénomène – que les politiques d’austérité ont par ailleurs contribué à exacerber –, à savoir celui de la dislocation sociale engendrée par la mondialisation. Celle n’est en effet ni « heureuse » ni « inclusive ». Beaucoup d’études, émanant y compris d’institutions internationales comme le FMI et l’OCDE, ont pointé ses effets corrosifs dont le plus marquant est la polarisation des emplois. Dans tous les pays avancés, on observe le même phénomène : l’emploi augmente « par les deux bouts ». Les emplois très qualifiés progressent à un bout de l’échelle, les emplois précaires à l’autre ; entre les deux, la « classe moyenne » stagne et ses perspectives d’ascension sociale s’évanouissent. Dans le même temps, les inégalités de revenus se creusent. La mondialisation n’est pas la seule responsable, et il est très difficile, voire impossible, de l’extraire d’un modèle d’ensemble où la financiarisation et la mise en œuvre des nouvelles technologies ont aussi leur part, tout comme le rapport de forces entre capital et travail. C’est l’occasion de rappeler que des pays entiers ne sont ni « avancés » ni « émergents », et qu’une part importante de la population mondiale vit dans des segments de pays qui sont tenus à l’écart de la dynamique de la mondialisation capitaliste. Les lignes de fracture traversent ainsi les formations sociales et contribuent à la déstructuration des sociétés. Il n’y a donc rien de surprenant de constater la multiplication récente des études sur les inégalités de revenus. Branko Milanovic, l’un des spécialistes mondiaux de cette thématique [13], résume ainsi un constat désormais partagé : « Les inégalités de revenus s’accroissent à l’intérieur des pays, mais se réduisent au niveau mondial avec la montée de la Chine. [14] » Et ce creusement des inégalités, à l’intérieur des pays, « pèse sur la stabilité politique des États-nations ». Face à cette mise en cause, les institutions internationales font leur mea culpa sur le thème : il aurait fallu mieux redistribuer les bienfaits de la mondialisation pour la rendre plus « inclusive. » Mais ce vœu pieux est contradictoire avec l’un des ressorts de la mondialisation, qui est une concurrence fiscale exacerbée. Le taux moyen d’impôts sur les bénéfices dans les pays avancés est ainsi passé de 44 % au début des années 1990 à 33 % en 2017, et même à 27 %, compte tenu des mesures prises par Donald Trump [15]. Et le mouvement est mondial : le taux moyen a lui aussi baissé d’un tiers sur la même période [16]. La contradiction est patente : l’« attractivité » implique une baisse constante des ressources fiscales qui ne peuvent donc être consacrées à une redistribution corrigeant les effets de la mondialisation pour la rendre « inclusive ». Cette défiscalisation généralisée des profits est la porte ouverte à l’évasion fiscale, qui réduit encore plus les ressources des États : 40 % des profits des multinationales ont été localisés dans les paradis fiscaux en 2015 [17]. L’État social est alors miné de l’intérieur et il n’est pas surprenant que l’adaptation à l’économie mondialisée aille de pair avec son « dégraissage. » Les fonctions de l’État ne sont pas pour autant neutralisées par la mondialisation, elles sont réorientées : l’État social devient un État antisocial dont la priorité est l’attractivité et la compétitivité de son économie. La défiance croissante vis-à-vis de l’Union européenne peut elle aussi être interprétée comme l’effet en retour de la crise de la mondialisation, tant les institutions européennes sont de plus en plus considérées comme étant guidées par un projet d’adaptation à la logique de l’économie mondialisée. L’effet Trump La capacité disruptive de Donald Trump semble sans limite mais ses mesures protectionnistes ne tiennent pas compte de la manière dont fonctionne l’économie des États-Unis, ni de l’entrelacement actuel des capitaux. Sur le premier point, l’un des éléments essentiels de la Chinamerica était de permettre aux États-Unis la baisse du taux d’épargne des ménages (et donc la croissance de la consommation), avec comme contrepartie un déficit commercial important financé par les capitaux venant du reste du monde, et notamment de Chine. Par ailleurs, Donald Trump mène, avec les baisses d’impôts, une politique expansionniste qui ne peut que creuser le déficit. Un commentateur caustique a pu écrire : « s’il existait un plan secret pour faire exploser le déficit commercial, il ressemblerait beaucoup à la politique américaine actuelle [18] ». Ce que ne comprend pas non plus l’administration sous l’égide de Trump, c’est que le commerce mondial porte principalement sur des biens et services intermédiaires dont la part est « presque deux fois plus importante que celle des biens et services destinés à la demande finale [19] » comme le rappelait récemment le directeur général de la Banque des règlements internationaux. Il s’agissait évidemment pour lui de défendre le libre-échange, mais ce constat correspond à la réalité. Dans le cas des États-Unis, une bonne partie de leurs importations correspondent à des investissements états-uniens dans des pays comme la Chine ou le Mexique. Selon le FMI, les États-Unis détenaient, en 2015, 44 % du stock d’investissements directs réalisés au Mexique, et la part des exportations chinoises vers les États-Unis provenant d’entreprises à participation étrangère était de 60% en 2014 [20]. Il n’est donc pas surprenant que le monde des affaires états-unien soit divisé et que de nombreux secteurs redoutent le renchérissement de leurs importations de biens intermédiaires ou redoutent les mesures de rétorsion : « l’inquiétude suscitée par l’impact du protectionnisme de M. Trump ne cesse d’augmenter dans l’ensemble de l’économie américaine, où de nombreuses entreprises s’appuient sur les chaînes de valeur mondiales afin de conserver des prix bas et des profits élevés, et redoutent que cette époque puisse bientôt prendre fin [21] ». Ainsi un groupe d’entreprises a déposé un recours devant le tribunal de commerce international de New York pour contester la surtaxe de 25 % sur les importations d’acier [22]. Les entreprises phare du numérique ont aussi critiqué les limites à l’immigration qui pourrait réduire le drainage des cerveaux en leur faveur. La politique mercantiliste de Donald Trump est donc incohérente. Le déficit commercial des États-Unis correspond comptablement au fait que l’épargne nationale ne suffit pas à financer l’investissement intérieur, auquel vient s’ajouter l’impact du déficit budgétaire, creusé par les baisses d’impôts. Dans ces conditions, le déficit n’a aucune raison de se résorber en dépit des taxes sur les importations, à moins de réduire la consommation des ménages, et donc la croissance des États-Unis [23]. En pratique, les entrées de capitaux devront continuer à affluer du reste du monde pour financer le déficit commercial. Mais cela suppose que le rôle de monnaie de réserve du dollar ne soit pas remis en cause. Or, ce statut serait menacé si les financeurs des États-Unis étaient dissuadés de détenir du dollar, soit parce que son taux de change baisse, soit en raison des mesures agressives prises à leur encontre. Les mesures de Trump concernent aussi l’Europe et donc l’axe transatlantique, par exemple quand il renonce au projet de traité – le Tafta (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement) – dont l’un des objectifs était précisément de densifier les liens entre les États-Unis et l’Europe, afin de mettre la Chine à l’écart [24]. Le redéploiement chinois Si Donald Trump a manifestement décidé d’en finir avec l’axe États-Unis/Chine, la Chine est elle aussi en train d’emprunter une nouvelle voie fondée sur trois principes. Le premier est de recentrer son économie vers le marché intérieur, ce qu’elle fait très progressivement. Deuxième axe : le gouvernement chinois met en avant l’objectif d’une montée en gamme de sa production, avec l’ambitieux programme Made in China 2025. Enfin, la Chine développe le projet baptisé « La ceinture et la route » : il s’agit d’un programme gigantesque d’infrastructures de près de 1000 milliards de dollars, qui concerne plus de 60 pays. La « ceinture » relie – par terre – la Chine à l’Europe occidentale via l’Asie centrale et la Russie ; la « route » est maritime et permettra de rejoindre l’Afrique et l’Europe par la mer de Chine et l’océan Indien [25]. Branko Milanovic y voit un véritable projet de développement qui rompt avec les préceptes du consensus de Washington selon lequel : « il suffit de privatiser, déréglementer et libéraliser les prix, les échanges extérieurs, etc., pour que les entrepreneurs privés se saisissent de l’occasion, et le développement adviendra de lui-même [26] ». On peut ne pas partager cette appréciation positive, qui sous-estime le risque financier énorme infligé aux pays concernés comme le Pakistan ou le Sri Lanka, menacés par le surendettement. C’est sans doute aussi l’occasion pour la Chine d’établir son emprise sur les pays « partenaires » dans une logique qui conduit certains à évoquer un « nouvel impérialisme chinois [27] ». Il n’en reste pas moins que cette « nouvelle route de la soie » et le programme Made in China 2025 sont porteurs d’un redéploiement substantiel de l’économie chinoise et d’une nouvelle structuration de l’économie mondiale. L’OCDE en est bien consciente et s’en inquiète en insistant sur « les limites de ce que la Chine peut faire seule » et en suggérant que « des contributions importantes des pays de l’OCDE seront nécessaires », ce qui suppose un « rôle croissant des marchés » et le renforcement des « droits de propriété et de la concurrence [28] ». « Populisme » : le véritable héritage de la crise financière L’ordre mondial d’avant la crise est aujourd’hui mis en cause par la progression – et l’accession au pouvoir – de forces d’extrême-droite porteuses d’une critique de la mondialisation et que la crise a renforcée. Un éditorialiste du Financial Timesa pu écrire que « le populisme est le véritable héritage de la crise financière mondiale [29] ». Certes, il faut se garder de tout mécanisme. Par exemple, les pays européens les plus touchés par l’austérité (Grèce, Espagne, Portugal) restent peu concernés par la montée de l’extrême-droite, alors que celle-ci est dorénavant au pouvoir en Italie, en Autriche, en Hongrie ou en Pologne. L’afflux de réfugiés au cours des dernières années a évidemment joué un rôle, mais ce facteur a lui aussi eu un impact différencié selon les pays. La formule algébrique générale combine les effets du néo-libéralisme et la xénophobie, mais selon des proportions variables. On peut évoquer à ce propos une étude assez fascinante sur les déterminants du vote en faveur du Brexit [30]. L’auteur part de la baisse des dépenses sociales entre 2010 et 2015. Elle est en moyenne de 23,4 %, mais varie beaucoup d’un district à l’autre (de 46,3 % à 6,2 %), ce qui permet de dessiner une carte de l’austérité qui peut être comparée à celle des votes pour UKIP (Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) qui coïncide par ailleurs avec celle des votes en faveur du Brexit en 2016. Le lien entre les deux est très étroit et l’auteur se risque à affirmer qu’en l’absence des mesures d’austérité, le Brexit aurait été minoritaire. Les choses sont cependant plus compliquées, dans la mesure où les baisses de dépenses sociales ont été plus marquées dans les districts les plus touchés par les effets du modèle néo-libéral : désindustrialisation, chômage et polarisation des emplois. Les déterminations sont donc complexes, et si l’auteur ne fait jouer aucun rôle à l’immigration, la xénophobie n’était pas absente des arguments de campagne en faveur du Brexit. Une étude récente [31] mobilise des données économiques et électorales qu’elle croise avec les résultats de l’European Social Survey, une enquête portant sur les opinions des citoyens. Elle établit que « les régions connaissant une augmentation plus importante du chômage sont plus susceptibles de rejeter les immigrants sur une base économique ». La crise « a modifié l’opinion des Européens sur l’impact des immigrants sur l’économie, un effet particulièrement fort pour les personnes les plus touchées par les conséquences négatives de la mondialisation et des améliorations technologiques ». Les auteurs introduisent ainsi une différence entre les « moteurs économiques et culturels du populisme » : leurs résultats montrent que le rejet des immigrés a un fondement économique plutôt que culturel. Il n’y a pas de corrélation entre le chômage et la perception du rôle des immigrés dans la vie culturelle du pays. Tout se passe donc comme si les partis d’extrême-droite transformaient la « base économique » du rejet des immigrés en un rejet « culturel », autrement dit une xénophobie affirmée. Wolfgang Streeck évoque une nouvelle opposition entre les interprétations « de gauche » et « de droite » de l’immigration, qui serait « orthogonale » au conflit classique gauche-droite entre travail et capital [32]. Enfin, Patrick Artus « comprend le malaise social » des salariés des pays de l’OCDE et l’explique par trois facteurs auxquels ils sont confrontés : « désindustrialisation et bipolarisation du marché du travail ; baisse de la capacité des États à financer les dépenses de protection sociale ; baisse de la part des salaires, avec la concurrence salariale et l’exigence élevée de rentabilité du capital [33] ». Les temps mauvais Le tableau de l’économie mondiale après dix ans de crise est sombre : l’Union européenne est écartelée, entre Brexit et montée de l’extrême-droite ; la zone euro se fractionne ; de nombreux pays dits émergents sont soumis à des mouvements de capitaux erratiques ; les dettes, et surtout les dettes privées, n’ont pas cessé de s’accumuler ; la part des richesses créées revenant à ceux qui les créent diminue à peu près partout, et les inégalités se creusent ; l’État social est miné par la concurrence fiscale, etc. Plutôt que de se résorber, les effets de cette crise se sont aggravés. La raison de fond est qu’il n’existe pas de modèle pouvant se substituer à celui qui est entré en crise il y a dix ans, qui soit acceptable pour l’oligarchie mondiale. Tous les principes d’organisation de l’économie mondiale se délitent peu à peu, en particulier sous les coups de boutoir de Donald Trump. Seule la Chine dispose d’un programme cohérent de restructuration d’une partie de l’économie mondiale à son profit. Dans ces conditions, beaucoup de commentateurs annoncent aujourd’hui une nouvelle crise (peut-être aussi pour se prémunir de leur aveuglement dix ans plus tôt) sans que personne ne puisse dire quel en sera l’élément déclencheur. Mais l’inquiétude dominante résulte du fait qu’il n’existe plus de munitions disponibles. Gordon Brown, le premier ministre britannique au moment de la crise, a bien exprimé cette crainte : « Quand la prochaine crise se produira, nous découvrirons que nous n’avons ni la marge de manœuvre fiscale ou monétaire, ni la volonté d’en user. » Et il pointe ce qui est sans doute le plus inquiétant, à savoir que « la nécessaire coopération internationale nous fera défaut [34] ». Les instruments de coordination ont perdu de leur substance ou ont été abandonnés par la puissance encore dominante. Il n’y a plus de pilote de la mondialisation. Le défi climatique impliquerait pourtant, par nature, une coopération internationale, sans même parler de la bifurcation vers un autre modèle de développement. Mais les désordres dans l’économie mondiale, les politiques hostiles à l’investissement public, et sans doute la logique inhérente au capitalisme, font que cette perspective semble tragiquement hors de portée aujourd’hui. * L’ensemble des références consultées est consultable ici. Notes [1] Michel Husson, « Le ralentissement de la productivité mondiale », note hussonetn°126, 17 septembre 2018. [2] Michel Husson, « Dix ans de crise … et puis Macron », A l’encontre, 25 août 2017. [3] Source : CPB World Trade Monitor. voir Michel Husson, « Les nouvelles coordonnées de la mondialisation », note hussonetn°125, 16 septembre 2018. [4] Rosa Luxembourg, L’accumulation du capital, 1913. [5] Nicolas Boukharine, L’économie mondiale et l’impérialisme, 1917 (extraits) ; Imperialism and World Economy. [6] Michel Husson, « L’accaparement des terres, entre Monopoly et colonisation », L’Humanité-Dimanche, 9 août 2018 [7] Nicolas Sersiron, « Les transferts négatifs sont les causes des exils forcés », CADTM, 22 août 2018. [8] Shimshon Bichler et Jonathan Nitzan, « Energy Conflicts and Differential Profits: An Update », October 2014. [9] Amandine Aubry et al., « Le ralentissement de la productivité dans les pays émergents est-il un phénomène durable ? », Trésor-Econ° 225, juillet 2018. [10] Christine Rifflart et Alice Schwenninger, « La Chine se normalise et son commerce devient ordinaire », OFCE, 12 juillet 2018. [11] Pierre Salama, Les économies émergentes latino-américaines, Armand Colin, 2012. [12] Fiona Tregenna, « Deindustrialization and premature deindustrialization », in E. Reinert et al. (eds.) Elgar Handbook of Alternative Theories of Economic Development, 2016. [13] Branko Milanovic, Global Inequality. A New Approach for the Age of Globalization, 2016. [14] Branko Milanovic, « Changes in the global income distribution and their political consequences », Oslo, August 2018. [15] Patrick Artus, « Pourquoi la concurrence fiscale se fait-elle par la taxation des profits des entreprises et pas par les autres impôts » 28 août 2018. [16] « Les taux d’impôt sur les sociétés dans le monde », La Lettre Vernimmen, n° 159 mai 2018. [17] Thomas Torslov, Ludvig Wier, Gabriel Zucman, « The Missing Profits of Nations », vox.eu, 23 July 2018. [18] Phil Levy, « President Trump’s ‘Secret Plan’ To Grow The Trade Deficit », Forbes, August 13, 2018. [19] Agustín Carstens « Global market structures and the high price of protectionism » Bank for International Settlements, 25 August 2018. [20]] Mary E. Lovely, Yang Liang, « Trump Tariffs Primarily Hit Multinational Supply Chains, Harm US Technology Competitiveness », Peterson Institute for International Economics, May 2018. [21] James Politi, « US tariffs see small businesses plead for mercy as trade war bites » Financial Times, August 24, 2018. [22] Elsa Conesa, « Acier : des industriels américains attaquent les surtaxes de Trump »,Les Échos, 27 juin 2018. [23]Michel Husson, « Les limites (comptables) de Donald Trump », note hussonetn°123, 28 août 2018. [24] Michel Husson, « Pourquoi il faut bloquer le Transatlantic Free Trade Area (TAFTA) », A l’encontre, 26 novembre 2014. [25] Faseeh Mangi,« China’s Vast Intercontinental Building Plan Is Gaining Momentum », Bloomberg, April 9, 2018. [26] Branko Milanovic,« The west is mired in ‘soft’ development. China is trying the ‘hard’ stuff » ,The Guardian, May 17, 2017. Dans un tweet, Milanovic ajoute ce commentaire caustique: “je pense que la Chine offre quelque chose de concret (des routes, des voies ferrées, des ponts) tandis que l’Union européenne offre d’interminables conférences consacrées au sujet à la mode où les consultants de l’UE empochent l’argent de l’UE. » [27] Alice Jetin-Duceux, « Les stratégies de la Chine à l’étranger », CADTM, Juin 2018. Robin Lee et al.,« China’s Overseas Expansion: An Introduction to its One Belt, One Road and BRICS Strategies »,February 2018. [28] OCDE, Business and Finance Outlook, 2018. [29] Philip Stephens, « Populism is the true legacy of the global financial crisis », Financial Times, 30 août 2018 ; « Le populisme est le véritable héritage de la crise financière mondiale », traduction de Gilles Raveaud, 6 septembre 2018. [30] Thiemo Fetzer, « Did Austerity Cause Brexit? », University of Warwick, June 2018. De nombreuses études cherchent à établir un lien entre austérité et progression de l’extrême-droite. L’une d’entre elles est consacrée à la montée du nazisme en Allemagne (Gregori Galofré-Vilà et al., 2017). D’autres portent sur l’Allemagne contemporaine (Christian Dippel et al., 2015), sur les États-Unis (David Autor et al., 2017) ou la Suède (Carl Melin et Ann-Therése Enarsson, 2018). [31] Yann Algan, Sergei Guriev, Elias Papaioannou, Evgenia Passari, « The European Trust Crisis and the Rise of Populism », BPEA Conference Drafts, September 7–8, 2017. [32] Wolfgang Streeck, « Between Charity and Justice: Remarks on the Social Construction of Immigration Policy in Rich Democracies », Culture, Practice & Europeanization, 2018, Vol. 3, No. 2. [33] Patrick Artus, « Les évolutions inexorables des économies créent le malaise social », Flash CDC, 24 août 2018. [34] Gordon Brown, « We are sleepwalking into another financial crisis » BBC, 13 September 2018. Merci à A l'encontre Source: https://alencontre.org/laune/crise-economique-et-desordres-mondiaux.html Date de parution de l'article original: 20/09/2018 URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24244
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L’ancien directeur du FMI, Rodrigo Rato, doit aller en prison : et 1, et 2, et 3… (mer., 17 oct. 2018)
Le CADTM estime qu’une condamnation de M. Rato pour les politiques criminelles menées par le FMI sous sa direction, notamment dans les pays appauvris, reste à l'ordre du jour après sa condamnation pour détournement de fonds. L’ancien directeur du FMI, Rodrigo Rato, doit aller en prison : et 1, et 2, et 3… Au-delà de la récente condamnation de Rodrigo Rato pour détournement de fonds au sein de la banque espagnole Caja Madrid puis Bankia, le Comité pour l’abolition des dettes illégitimes (CADTM) estime qu’une condamnation de M. Rato pour les politiques criminelles menées par le FMI sous sa direction, notamment dans les pays appauvris, reste tout autant à l'ordre du jour. Au vu des laissé·e·s-pour-compte, mort·e·s de faim et réfugié·e·s économiques que les politiques d’ajustement structurel imposent à la planète pour les bénéfices d’une minorité, le CADTM constate qu'il n’est pas anodin que M Rato soit le troisième directeur du FMI condamné. Depuis ces 14 dernières années, la légalité de la direction du FMI est ainsi sérieusement remise en question. Cette fois, l’ancien directeur du FMI (2004-2007), vice-président et ministre de l'Économie du gouvernement conservateur de José Maria Aznar (1996-2004), Rodrigo Rato, ne devrait pas, en principe, échapper à la prison. Il vient d’être condamné par la Cour suprême espagnole, ce 3 octobre 2018, à quatre ans et demi de prison pour avoir détourné des fonds des banques qu'il dirigeait. Selon les magistrats de la Cour suprême, M. Rato a hérité de son prédécesseur Miguel Blesa à la banque Caja Madrid, d’un système de cartes de crédit au fonctionnement opaque, « en le maintenant et l'étendant ». Au total, entre 2003 et 2012, soixante trois hauts dirigeants et membres du Conseil d’administration de Caja Madrid, devenue Bankia en 2010, ont détourné, à leur guise, plus de 12 millions d'euros de la banque grâce à ce système, dont 2,6 millions sous la présidence de M. Rato (qui a dirigé Caja Madrid puis Bankia entre 2010 et 2012). Les faits ont profondément scandalisé l’opinion publique alors que l'Espagne était frappée de plein fouet par la crise de 2008 et l'éclatement de sa bulle immobilière… encouragée par le secteur bancaire. Les 63 bénéficiaires de ce système mafieux ont tous été condamnés à des peines qui oscillent de 3 mois à la condamnation maximale de 6 années de prison reçue par l’ancien président de Caja Madrid entre 1996 et 2009 et créateur de ce système selon la justice, Miguel Blesa, qui s’est suicidé en juillet 2017. Si 14 d’entre eux devraient effectivement aller en prison avec des condamnations dépassant 2 années d’incarcération, il est déplorable de constater que beaucoup d’autres pourraient se voir suspendre leur peine d'emprisonnement au cas par cas. Au-delà du système carcéral, outil du système capitaliste, il est important est de retirer leur pouvoir à ces personnes, c’est-à-dire d’amoindrir leur fortune par des amendes importantes à la hauteur des préjudices qu’ils ont commis et de les empêcher de nuire à nouveau par l’interdiction d’exercer dans les métiers bancaires et au sein d’institutions financières internationales. Cependant, le CADTM condamne la justice de classe et ne tolère pas que ces personnes jouissent d’avantages et de protections particulières dans l’application de leurs jugements.
L’ancien directeur du FMI, Rodrigo Rato, doit aller en prison : et 1, et 2, et 3… Des procédures toujours en cours Le 26 novembre prochain, après 5 années d’instruction, Rodrigo Rato, devra s’asseoir à nouveau sur le banc des accusés et être cette fois jugé pour escroquerie. En effet, il est également accusé d'avoir falsifié les comptes de Bankia pour obtenir le feu vert des autorités à son entrée en bourse. Célébrée en grande pompe en juillet 2011, cette introduction en bourse s’est révélée catastrophique et le titre de la banque avait perdu 80 % de sa valeur les 12 mois suivants. L'État espagnol avait fini par nationaliser Bankia et injecter 22,4 milliards d'euros d’argent public issus d'un prêt européen pour la sauver. Enfin, après avoir découvert 6,5 millions d’euros d’origine inconnue dans la société Kradonara qu’il contrôlait, l'artisan du « miracle économique espagnol » du temps où il était ministre, est accusé de blanchiment et corruption. Le CADTM applaudit la pression citoyenne exercée au sein de la campagne 15MpaRato qui aboutit à la condamnation de Rodrigo Rato et exige qu’aucun allègement de peine ne lui soit accordé. Il est affligeant de constater que certain hauts dirigeants tel l’ancien directeur financier de Caja Madrid, Ildefonso Sánchez Barcoj, voient leur peine réduite et échappent ainsi à l’emprisonnement, pourtant appliqué à nombre de personnes innocentes ou de personnes coupables de faits sans incidence sur la vie de leurs concitoyen·ne·s. Le CADTM déplore une justice à deux vitesses mettant à l’abri les grands responsables de la crise financière qui n’en finit plus. Depuis le début de la crise, provoquée en grande partie par l’avidité irresponsable de nos banquiers aux États-Unis et en Europe, mis à part quelques cas isolés en Islande, aucun d’entre eux n’est allé en prison, aucune banque ne s'est vue retirer sa licence. Les amendes infligées aux grandes banques aux États-Unis et en Europe leur permettent d’éviter toute autre condamnation et de poursuivre leurs activités délictueuses jusqu’à engendrer la prochaine crise. Après la démission contrainte de l’ancien directeur du FMI Dominique Strauss-Kahn, en mai 2011 suite à son arrestation pour tentative de viol à New York, les affaires en justice de Christine Lagarde reconnue coupable mais dispensée de peine en 20161, c’est au tour de Rodrigo Rato d’être inculpé. Le CADTM constate que les hauts dirigeants du FMI enchaînent les uns après les autres les affaires en justice sans que cela n’entravent les recommandations que l’organisme de Washington distille à ses pays membres. Le fait qu’un ancien haut responsable d’une grande banque et du FMI soit condamné pour détournement de fonds, et soit accusé de falsification de documents, est un signe plus que révélateur qui doit nous encourager à exiger la disparition du FMI et de ses mesures funestes, ainsi que la mise sous contrôle citoyen du secteur financier. [1] « Procès Lagarde, la culpabilité version business class », CADTM, 22 décembre 2016. Merci à Politis/Un monde sans dette Source: https://www.politis.fr/blogs/2018/10/lancien-directeur-du-fmi-rodrigo-rato-doit-aller-en-prison-et-1-et-2-et-3-34323/ Date de parution de l'article original: 05/10/2018 URL de cette page: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=24232
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Au moins 17 morts et 40 blessés lors d'une explosion dans un institut en Crimée (VIDEO) (mer., 17 oct. 2018)
Au moins 17 morts et 40 blessés lors d'une explosion dans un institut en Crimée (VIDEO) Un premier bilan fait état de 17 morts et 40 blessés après une explosion dans un institut de formation professionnelle de la ville de Kertch. Selon une responsable des droits de l'homme la plupart des victimes seraient des étudiants. 15h02 CET Le président russe Vladimir Poutine a donné une conférence de presse durant laquelle il a, entre autres, expliqué que les autorités s'attacheraient à définir au plus vite les motifs de ce qu'il a qualifié de «crime». Vladimir Poutine a par ailleurs appelé son auditoire à observer une minute de silence. 15h01 CET Un engin explosif a été retrouvé dans le bâtiment, une opération de déminage est en cours. 14h36 CET La fusillade qui a eu lieu ce 17 octobre dans un institut de formation professionnelle de Kertch, ville située dans l'est de la Crimée, sera traitée comme un meurtre pas comme un attentat terroriste, selon le comité d'enquête russe. Un examen préliminaire du corps des victimes indique qu'elles ont été tuées par balle. Le comité d'enquête russe a également révélé l'identité du suspect : Vladislav Rosliakov, étudiant de 18 ans en quatrième année. 14h23 CET Le président de la République de Crimée Sergueï Aksionov a déclaré que le suspect de l'attentat de Kertch serait un étudiant de quatrième année, âgé de 22 ans. Il se serait suicidé après avoir tué 18 personnes et blessés des dizaines d'autres. 13h43 CET Le comité d'enquête russe fait état d'un nouveau bilan de 13 morts et 50 blessés. 13h31 CET Le comité d'enquête russe a qualifié l'explosion à Kertch d'attentat. «Selon les informations préliminaires, un engin explosif non identifié bourré d'objets métalliques a été déclenché dans la cantine du collège polytechnique de Kertch. La plupart des victimes sont des adolescents», a fait savoir le comité dans un communiqué. Les secours sont arrivés après une explosion ce 17 octobre dans un institut de formation professionnelle de Kertch, ville située dans l'est de la Crimée. Le comité national antiterroriste a déclaré qu'un engin explosif serait à l'origine de la détonation. La médiatrice des droits de l'homme dans la région Lioudmila Loubina a précisé que la plupart des victimes seraient des étudiants. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a réagi en affirmant que la piste terroriste n'était pas écartée. Il a également fait savoir que le président russe Vladimir Poutine exprimait ses condoléances aux proches des victimes. Un dernier bilan établi par le comité d'enquête russe fait état de 17 morts et 40 blessés dont beaucoup seraient dans un état critique. Les services médicaux ont confirmé qu'au moins 20 personnes ont été transférées à l’hôpital et le nombre de victimes est susceptible d'être revu à la hausse. Alors que l'intervention est en cours, des brancards, des ambulances et des équipes de pompiers sont sur place. Des médias locaux expliquent que plusieurs bruits ont été entendus avant une puissante explosion dans la cantine de l'établissement. https://francais.rt.com/international/54658-moins-10-morts-40-blesses-explosion-gaz-institut-formation-professionnelle-crimee Comité d'enquête: les victimes du lycée en Crimée tuées par balles La première expertise des corps des victimes de la tuerie de masse qui s’est produite ce mercredi dans un lycée polytechnique de la ville criméenne de Kertch a démontré qu'elles avaient été tuées par une arme à feu, a annoncé le Comité d'enquête de Russie. Le premier examen des dépouilles des victimes du meurtre de masse qui s'est produit à Kertch a démontré qu’elles avaient trouvé la mort par balles, a déclaré Sevtlana Petrenko, porte-parole du Comité d’enquête de Russie. «Les enquêteurs et criminologues ont déjà entamé l’examen des lieux de l’attaque. Le premier examen des corps montre qu’ils ont trouvé la mort par arme à feu», a-t-elle indiqué. Selon les données du Comité antiterroriste de Russie (NAK), un engin explosif non identifié a détonné ce mercredi dans un lycée polytechnique de la ville de Kertch en Crimée. D’après les dernières informations, 18 personnes ont été tuées et 37 blessées. D’après le chef de la République de Crimée, l’attaque a été menée par un étudiant en 4e année qui a ensuite mis fin à ses jours. D'abord considérée comme un attentat, l'attaque a ensuite été requalifiée en meurtre de masse. https://fr.sputniknews.com/russie/201810171038533034-attentat-crimee-explosion-fusillade/
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Raids à Gaza: le procureur de la CPI "surveille" les violences de près (mer., 17 oct. 2018)
Raids à Gaza: le procureur de la CPI Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a dit surveiller de près les violences à Gaza, où l'aviation israélienne a mené mercredi des raids contre le mouvement islamiste Hamas en réponse à des tirs de roquettes en provenance du territoire palestinien. "Je continue à surveiller attentivement l'évolution des événements sur le terrain et je n'hésiterai pas à prendre les mesures qui s'imposent" dans le cadre de son mandat, a averti mercredi dans un communiqué Fatou Bensouda. "Je suis particulièrement préoccupée par la poursuite des violences, perpétrées par les acteurs des deux camps", a poursuivi Mme Bensouda, rappelant que "la situation en Palestine continue de faire l'objet d’un examen préliminaire", ouvert en 2015 sur des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité. La CPI, basée à La Haye, n’a pas encore ordonné l'ouverture d'une enquête pouvant déboucher sur des accusations et des poursuites judiciaires. La question est particulièrement sensible depuis une attaque sans précédent des Etats-Unis contre la CPI en septembre, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, John Bolton, ayant menacé les juges et procureurs de sanctions s'ils s'en prenaient à des Américains ou à Israël. Ni Israël ni les États-Unis ne sont membres de la Cour, fondée en 2002 pour juger les pires atrocités commises dans le monde. L'aviation israélienne a mené mercredi une série de raids contre le mouvement islamiste Hamas à Gaza, en réponse aux premiers tirs de roquettes depuis des semaines en provenance du territoire palestinien, sur fond de tensions grandissantes. Ces actes d'hostilité qui ont fait un mort et trois blessés palestiniens ravivent les craintes d'une nouvelle confrontation entre Israël et les groupes armés à Gaza, dont le Hamas. Israël et le Hamas ainsi que ses alliés se sont livrés trois guerres depuis 2008 et observent un cessez-le-feu régulièrement remis en cause depuis le conflit de 2014. Depuis le 30 mars, Gaza est le théâtre d'une vaste mobilisation contre le blocus. Au moins 207 Palestiniens ont été tués au cours de cette période et un soldat israélien a trouvé la mort. (©AFP / (17 octobre 2018 14h32) https://www.romandie.com/news/ZOOM-Raids-Gaza-le-procureur-de-la-CPI-surveille-les-violences-de-pr-s/962925.rom
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Perquisition chez Jean-Luc Mélenchon : «La justice se laisse instrumentaliser» (mer., 17 oct. 2018)
Perquisition chez Jean-Luc Mélenchon : «La justice se laisse instrumentaliser» L’avocat Régis de Castelnau est revenu pour RT France sur la perquisition menée dans la matinée du 16 octobre au domicile de Jean-Luc Mélenchon. Il dénonce une instrumentalisation judiciaire menée à des fins politiques. Régis de Castelnau, avocat et animateur du blog Vu du Droit, était l’invité ce 16 octobre de RT France pour commenter la perquisition menée plus tôt au domicile de Jean-Luc Mélenchon par l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) dans le cadre de deux enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Paris. La première enquête concernerait des soupçons d'emplois fictifs d'attachés parlementaires au Parlement européen. La seconde, ouverte en mai 2018, porterait sur les comptes de campagne du leader de la France insoumise pour la présidentielle de 2017 et des soupçons d'irrégularités. "La justice se laisse instrumentaliser" Pour Régis de Castelnau, cette perquisition qu’il qualifie «d’agression politico-judiciaire» était prévisible : «Je souris un peu car les militants de la France insoumise sont tous surpris de ce qui arrive. Or, cela fait un petit moment quand même qu’on voit ces dérives judiciaires ; cette instrumentalisation de la justice à des fins politiques avec, par exemple, le Rassemblement national (RN) […]. Il y a un paradoxe : du côté de la France insoumise, on n’était pas très mobilisés contre ces dérives et tout d’un coup, on s’aperçoit que c’est dangereux. Je pense qu’il y a une agression, une manipulation […]. Je trouve cela très inquiétant pour le fonctionnement de la démocratie française […]. La justice se laisse instrumentaliser.» "Cela a été préparé au plus haut niveau" Poursuivant son propos, Régis Castelnau a estimé que cette perquisition avait été décidée au sommet de l’Etat : «Vous n’imaginez pas que le procureur qui a pris cette décision et qui a organisé [cette perquisition] n’a pas pris attache avec la Place Vendôme […] Cela a été préparé au plus haut niveau. Ce n’est pas sérieux.» Enfin, il s’est étonné du traitement différencié que réserve la justice aux proches et ex-proches d'Emmanuel Macron : «Tout un tas d’affaires qui concernent [Muriel] Pénicaud, [Alexandre] Benalla, [Ismaël] Emelien, [Alexis] Kohler et [Richard] Ferrand dorment paisiblement […] Il y a une volonté d’étouffement…» https://francais.rt.com/france/54652-perquisition-chez-jean-luc-melenchon-justice-laisse-instrumentaliser
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Face à la «folie impérialiste» américaine, le Venezuela snobe le dollar pour d'autres devises (mer., 17 oct. 2018)
Face à la «folie impérialiste» américaine, le Venezuela snobe le dollar pour d'autres devises Sous le coup d'une nouvelle série de sanctions financières décrétées par Washington, l'économie vénézuélienne est impactée tant sur les marchés public que privé. Mentionnant explicitement la devise américaine, le pays a annoncé sa riposte monétaire. Tareck El Aissami, ministre vénézuélien de l'Industrie et de la Production nationale, a déclaré le 16 octobre que les sanctions économiques infligées à Caracas par Washington empêchaient son pays de continuer à utiliser le dollar sur le marché national. Le ministre a ainsi annoncé que «les transactions du marché national» seraient dorénavant référencées en euros, en yuans et en d'autres monnaies convertibles. «[Ces nouveaux référencements] incluront les enchères effectuées sur le Dicom [le système complémentaire de changes flottants vénézuélien]» a expliqué Tareck El Aissami, précisant que toutes les banques privées basées au Venezuela sont obligées de participer au Dicom, la plateforme monétaire qui intègre le Venezuela dans le système international de changes flottants (celui-ci déterminant le comportement des monnaies entre elles sur les marchés internationaux). #ANUNCIO || Vicepresidente Sectorial de Economía @TareckPSUV: Todas las transacciones del mercado nacional, incluyendo las subastas de @dicomve, van a estar referenciadas con euro, yuanes o cualquier otra moneda convertible. #RegionesEstratégicasProductivas pic.twitter.com/jVYeoM4Aj3 — Vicepresidencia Vzla (@ViceVenezuela) 16 octobre 2018 Dans le cadre de cette annonce, Tareck El Aissami a déploré «la folie de l'impérialisme» américain, expliquant comment, selon lui, le blocus financier qui frappe le Venezuela affecte directement les secteurs public et privé de son pays, particulièrement l'industrie pharmaceutique et l'agriculture. Le 21 septembre 2018, le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, annonçait en effet que les Etats-Unis s'apprêtaient à mettre en place «une série d'actions» imminentes afin d'accroître la pression contre Caracas. Les #EtatsUnis promettent une «série d'#actions» contre le #Venezuela dans les prochains jours ➡ https://t.co/aYXtfQQcu9 pic.twitter.com/C4KOFzyg3q — RT France (@RTenfrancais) 22 septembre 2018 Le dollar : ennemi public numéro 1 du Venezuela Dans un contexte de crise monétaire agrémentée de nombreuses pressions internationales, Nicolas Maduro, président vénézuélien, annonçait le 17 août 2018 un plan de rétablissement de l’économie de son pays. Face au déséquilibre entre le prix des biens de consommation et les coûts de production, Nicolas Maduro avait entre autres déploré le fait que «tous les prix [soient] dollarisés», s'engageant ainsi à viser un «processus d’ajustement équilibré et juste» sur la base des schémas internationaux et «avec l’indexation sur le Petro». https://francais.rt.com/economie/54656-face-folie-imperialiste-americaine-venezuela-snobe-dollars-autres-devises
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Lobbyiste de Danone et favorable aux OGM : la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie inquiète (mer., 17 oct. 2018)
Lobbyiste de Danone et favorable aux OGM : la nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie inquiète Dans le cadre du remaniement, Emmanuelle Wargon, directrice de la communication de Danone, devient secrétaire d'Etat auprès du ministre de la Transition écologique, sans expertise de la question. Sur Twitter, politiques et associatifs l'accablent. La nomination d’Emmanuelle Wargon, ancienne directrice de la communication de Danone, en tant que secrétaire d’Etat à la Transition écologique, sans qu’elle ait jamais officié dans le domaine, a sidéré les réseaux sociaux. Militants écologistes et politiques ont soulevé de nombreuses questions quant à son parcours et ses prises de position, qui entrent selon eux en contradiction flagrante avec les chevaux de bataille de l’écologie. Cette énarque de 47 ans n’est pas une nouvelle connaissance du chef du gouvernement puisqu’elle faisait partie de la même promotion qu’Edouard Philippe à l'ENA. Fille de Lionel Stoléru, ministre de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, elle a officié dans plusieurs cabinets ministériels après avoir étudié à Sciences Po et HEC. Tout d’abord auditrice à la Cour des comptes en 1997, elle est devenue conseillère technique auprès du ministre délégué à la Santé Bernard Kouchner en 2001 et 2002, dans le gouvernement Jospin. Puis elle a dirigé le cabinet du Haut-Commissaire aux solidarités actives 2007 à 2010, où elle fut notamment en charge du dossier RSA. Un temps adjointe au directeur général de l’Afssaps (aujourd’hui ANSM), l’agence de sécurité des produits de santé, Emmanuelle Wargon a aussi été trois ans déléguée générale à l’emploi et à la formation professionnelle au ministère du Travail, jusqu'en 2015. Spécialiste de l’environnement ? Experte en questions énergétiques ? Pas le moins du monde. En revanche son poste de directrice des affaires publiques et de la communication du géant Danone, un poste stratégique d'influence, a ulcéré les responsables politiques qui y voient l’irruption manifeste des lobbies au ministère de l’écologie, déjà dénoncée par Nicolas Hulot qui les a accusés avant de quitter ses fonctions en septembre dernier. "Avec Macron, l’écologie, c’est jamais sans les lobbys" David Cormand, porte-parole d’Europe Ecologie-les Verts (EELV) a ainsi blâmé ce choix politique. «Avec Macron, l’écologie, c’est jamais sans les lobbys», a-t-il persiflé sur Twitter. #Remaniement Au ministère de la transition écologique et solidaire, une nouvelle secrétaire d’État, Emmanuelle Wargon, « Directrice générale des affaires publiques » de Danone. Avec #Macron, l’écologie, c’est jamais sans les lobbys... — David Cormand🌻 (@DavidCormand) 16 octobre 2018 Ian Brossat, chef de file du Parti communiste aux élections européennes, a lui aussi fustigé l'activité d'influence menée jusqu'ici par la nouvelle secrétaire d'Etat à l'écologie «tout droit sortie du groupe Danone où elle était chargée des affaires publiques, autrement dit... du lobbying». «Ces gens sont nés avant la honte. Ils ne se cachent même plus...», se désole-t-il. Emmanuelle Wargon, est nommée secrétaire d'État auprès du ministre de l'écologie. Tout droit sortie du groupe Danone où elle était chargée des affaires publiques, autrement dit... du lobbying. Ces gens sont nés avant la honte. Ils ne se cachent même plus... #remaniement — Ian Brossat (@IanBrossat) 16 octobre 2018 Jacques Baudrier, conseiller de Paris pour le Parti communiste, a émis une critique reprise par un grand nombre d'utilisateurs de Twitter : l'inadéquation entre le type d'entreprise qu'est Danone et la grille d'analyse du combat pour l'environnement. «Une multinationale dont le premier marché est les USA. Le profil parfait pour l'écologie», glisse-t-il dans son antiphrase. Emmanuelle Wargon, lobbyiste de Danone, secrétaire d'État à l'écologie Une multinationale dont le premier marché est les USA Le profil parfait pour l'écologie #Remaniement — Jacques Baudrier (@jacquesbaudrier) 16 octobre 2018 Le journaliste Nicolas Cori, co-fondateur du site Les jours, retweeté par David Cormand et Emmanuel Cosse, met de son côté en évidence l'incompatibilité entre les préoccupations majeures des défenseurs de l'environnement et les partis pris de la quadragénaire. Il a mis en ligne deux vidéos des rencontres économiques d'Aix-en-Provence en juillet 2018, au cours desquelles Emmanuelle Wargon est intervenue. L'huile de palme ? «Un des ingrédients essentiels» des laits pour bébés Dans la première, la nouvelle secrétaire d'Etat explique qu'il ne faut pas être «dogmatique» au sujet des organismes génétiquement modifiés (OGM), qu'elle envisage sous l'angle du progrès de la «science». Il s'agit pourtant de la bête noire des écologistes qui y voient une menace pour le vivant, la recrudescence de l'emploi des pesticides et l'assujettissement des agriculteurs à un nouveau produit breveté. Au cours des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, Emmanuelle Wargon se disait aussi non "dogmatique" sur les OGM car "ce serait un refus de l'innovation et de la science". pic.twitter.com/VCefK5yojj — Nicolas Cori (@nicolascori) 16 octobre 2018 Emmanuelle Wargon explique dans la seconde vidéo que l'huile de palme est un des «ingrédients essentiels» du lait pour bébé, alors même que plusieurs marques réputées ont réussi à la retirer de leur formule sans dommage. Elle affiche donc son soutien à cette filière si contestée qui ravage la biodiversité dans le Sud-Est asiatique. Quand Emmanuelle Wargon (notre nouvelle secrétaire d'Etat à l'Ecologie) expliquait qu'on ne peut pas se passer d'huile de palme pour fabriquer du lait pour bébés (aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en juillet 2018, la vidéo complète: https://t.co/7r2W5khfEx) pic.twitter.com/KIH0Saz5sw — Nicolas Cori (@nicolascori) 16 octobre 2018 Thomas Porcher, membre des économistes atterrés, dénonce le choix de l'exécutif :«Macron ne fait rien pour le climat, il fallait bien qu’il recrute une spécialiste en #greenwashing et autres bluffs pour faire de la com sur du vide, #remaniement.» Comme #Macron ne fait rien pour le climat, il fallait bien qu’il recrute une spécialiste en #greenwashing et autres bluffs pour faire de la com sur du vide #remaniement #Wargon — Thomas Porcher (@PorcherThomas) 16 octobre 2018 Ivan le Roy, fondateur de l'Observatoire des multinationales rappelle en outre que «Danone fait partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète». Danone fait partie des 25 entreprises françaises qui épuisent le plus les écosystèmes de la planète (lire ici : https://t.co/1rfGRMb9wB) et entre au gouvernement en la personne d'Emmanuelle Wargon, directrice des affaires publiques et de la communication du groupe #remaniement — Ivan du Roy (@IvanduRoy) 16 octobre 2018 Le géant de l'agro-alimentaire se classe également parmi les plus gros pollueurs de la planète, par le volume de déchets plastiques, derrière Coca-Cola, Pepsi et Nestlé. L'environnement idéal pour raccrocher aux «wargons» de l'écologie ? https://francais.rt.com/france/54655-lobbyiste-danone-favorable-ogm-nouvelle-secretaire-ecologie-emmanuelle-wargon-inquiete
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«La fin s'avance» : l'opposition se déchaîne après l'allocution de Macron (mer., 17 oct. 2018)
«La fin s'avance» : l'opposition se déchaîne après l'allocution de Macron Après avoir remanié le gouvernement, Emmanuel Macron a fait une allocution de 12 minutes ce 16 octobre au soir. Son discours, sans grand relief, a surtout permis à l'opposition de livrer une attaque en règle contre le chef de l'Etat. Très bas dans les sondages et accusé par certains d'arrogance, Emmanuel Macron a assuré ce 16 octobre, lors d'une allocution diffusée à 20 heures mais enregistrée dans la journée, après l'annonce d'un remaniement ministériel, entendre «les critiques», assurant toutefois qu'il n'y aurait «ni tournant ni changement de cap» de sa politique. «Ces derniers mois ont pu rendre moins perceptible [le] sens [de mon action] d'abord parce que parfois par ma détermination, ou mon parler vrai j'ai pu déranger ou choquer certains. Et j'entends les critiques», a-t-il déclaré. «Ce dont vous pouvez être sûrs est que ma volonté d'action, qui n'a rien perdu de son intensité [est]aujourd'hui plus forte encore», a-t-il ajouté. J'entends les critiques «Nous devons regarder en face ce monde tel qu'il est, c'est pour cela, à noter que je demande au gouvernement d'agir en ayant conscience de ce moment, et de prendre, pour ce faire, des décisions vigoureuses afin que notre pays conserve cette maîtrise de son destin. Cela exige de ma part [...] comme de la part du gouvernement de l'écoute, du dialogue», a-t-il résumé. «Il y a de l'impatience et je la partage, mais le temps que nous prenons est celui de nos institutions [...] Progressivement, j'en suis sûr, votre quotidien va s'améliorer car le gouvernement est sur la bonne voie», a-t-il développé. «Je demande au nouveau gouvernement ainsi formé de poursuivre les transformations dont notre pays a besoin et de le faire avec un objectif simple : que nous reprenions pleinement la maîtrise de notre destin. Cela ne se fera pas en un jour, mais il n'y a aucune fatalité», a ajouté le président. A gauche et à droite, l'opposition réagit Du côté de la majorité présidentielle, le discours d'Emmanuel Macron a été accueilli avec enthousiasme. Le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a salué la capacité d'«écoute» et de «dialogue» qui caractérise selon lui Emmanuel Macron. L’écoute, le dialogue, mais le refus de la résignation. Nous devons reprendre la maîtrise de notre destin. Nous avons besoin de toutes les énergies de la nation et de toutes les bonnes volontés.@EmmanuelMacron #Macron20h — Benjamin Griveaux (@BGriveaux) 16 octobre 2018 Jean-Luc Mélenchon, chef de file de La France insoumise (LFI) a regretté que le chef de l'Etat ne se soit pas exprimé quant au remaniement survenu le matin même. Evoquant le «mode paroissial» de son allocution, il a jugé que «la fin s'avan[çait]». #Macron bavarde sur un mode paroissial et parle de tout sauf du nouveau gouvernement qu'il a mis 15 jours à constituer. La fin s'avance. #Macron20h — Jean-Luc Mélenchon (@JLMelenchon) 16 octobre 2018 Le député LFI du Nord, Adrien Quatennens, juge qu'Emmanuel Macron ne «se parle plus qu'à lui-même». En prétendant parler aux français, celui qui se définit comme « le fruit d’une effraction », ne se parle plus que jamais qu’à lui-même. Quel temps perdu pour le pays s’il fallait en manger encore pendant 3 ans et demi ! Déterminé à porter au plus haut nos idées. #Macron20h — Adrien Quatennens (@AQuatennens) 16 octobre 2018 La députée Les Républicains (LR) des Bouches-du-Rhône, Valérie Boyer, a pour sa part ironisé sur les déclarations d'Emmanuel Macron relatives aux plaintes des Français, rappelant la sortie du président sur les «Gaulois réfractaires». #Macron : "Je sais toutes les blessures de notre vieux pays. Ses doutes, ses peurs, et ses colères aussi". Nous ne sommes plus des "Gaulois réfractaires ?" qui passent leur temps à se plaindre ? #Macron20h — Valérie Boyer (@valerieboyer13) 16 octobre 2018 Le député LR des Alpes-Maritimes Eric Ciotti juge paradoxal d'assurer entendre «les critiques», tout en maintenant le cap. « J’entends les critiques »... mais je ne change rien. L’aveuglement de #Macron sur l’échec de sa politique et la colère des Français, c’est quand même lui qui en parle le mieux #Macron20h — Eric Ciotti (@ECiotti) 16 octobre 2018 L'atmosphère générale de l'allocution d'Emmanuel Macron a également retenu l'attention de la présidente du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, qui l'a jugée «étrangement crépusculaire», tout en soulignant que le chef de l'Etat n'avait rien dit sur le fond. Allocution du Président de la République totalement creuse et étrangement crépusculaire... MLP #Macron20h — Marine Le Pen (@MLP_officiel) 16 octobre 2018 «C'est à bout de souffle sans la nouvelle vague», a ironisé le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure. « Ni tournant ni changement de cap », un pseudo mea culpa, des grands principes sans aucun contenu opérationnel... un clivage artificiel pour les Europeennes... Un replâtrage ministériel. C’est « à bout de souffle » sans la nouvelle vague ! — Olivier Faure (@faureolivier) 16 octobre 2018 Au cours des douze minutes qu'aura duré son intervention, le chef de l'Etat n'aura fait ni annonce ni commentaire particulièrement saisissant. De quoi faire dire à certains de ses opposants qu'il n'y a finalement rien à retenir de cette intervention, à l'instar de Joffrey Bollée, conseiller régional d'Ile-de-France membre des Patriotes, le parti de Florian Philippot. Macron annonce solennellement qu’il ne va rien changer à sa politique. Du coup je ne retiens de cette allocution inutile que ces torchons raturés 🙃 #Macron20h pic.twitter.com/AVFPx7fJV6 — Joffrey Bollée (@JBollee) 16 octobre 2018 https://francais.rt.com/france/54651-fin-savance-opposition-se-dechaine-apres-allocution-macron
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L'occupation ferme les points de passage de Gaza et réduit la zone de pêche (mer., 17 oct. 2018)
L'occupation ferme les points de passage de Gaza et réduit la zone de pêche Mercredi matin, les autorités d'occupation israéliennes ont fermé les points de passage de la bande de Gaza et ont décidé de réduire la zone de pêche dans la bande de Gaza à 3 milles. Maher Abou al-Awf, directeur des opérations centrales à l'Autorité des frontières palestiniennes, a déclaré que le lien civil les avait informés de la fermeture de Karam Abou Salem et de Beit Hanoun (Erez) jusqu’à un autre ordre. Il a ajouté que la zone de pêche avait également été réduite à seulement 3 milles marins en raison des événements, faisant référence à "la chute d'une fusée à Beersheba". « Le ministre israélien de la guerre, Avigdor Lieberman, a décidé de fermer les points de passage de Beit Hanoun (Erez) et Karam Abou Salem et de réduire la zone de pêche de la bande de Gaza à seulement 3 miles nautiques à la suite de tirs de roquettes depuis Gaza », a rapporté le quotidien Maariv. Mercredi matin, des avions de combat israéliens ont lancé une série de raids sur la bande de Gaza, quelques heures après qu'une roquette a atterri sur une maison de la ville de Beersheba, faisant trois blessés à Rafah. https://french.palinfo.com/news/2018/10/17/L-occupation-ferme-les-points-de-passage-de-Gaza-et-r-duit-la-zone-de-p-che
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Un mort et plusieurs blessés lors de nouveaux raids israéliens sur la bande de Gaza (mer., 17 oct. 2018)
Un mort et plusieurs blessés lors de nouveaux raids israéliens sur la bande de Gaza Mercredi matin, un jeune homme a été tué lors de nouveaux raids israéliens sur la bande de Gaza. Notre correspondant a déclaré qu'un avion israélien avait visé un groupe de citoyens au nord de la ville de Beit Lahia, dans le nord de la bande de Gaza, tuant un jeune palestinien et faisant de nombreux blessés. À son tour, le ministère de la Santé a déclaré que le jeune Naji Za'anin (25 ans) avait été tué par un bombardement israélien dans le nord de la bande de Gaza. L'avion "israélien" a lancé mercredi matin une série de raids sur diverses cibles de la bande de Gaza, peu après l'annonce de la chute de deux missiles, dont l'un sur la ville de Beersheba, qui a endommagé une maison, selon les allégations sionistes. Notre correspondant a déclaré que des avions de guerre des forces de l'occupation israélienne avaient tiré plusieurs missiles sur les postes d'Abou Jarad, au sud de la ville de Gaza, de Tal, à l'ouest de Deir al-Balah, et d'Al-Waha, à l'ouest de Beit Lahia, au nord de la bande de Gaza. Et un poste à Rafah. Le ministère de la Santé a annoncé l’arrivée de trois blessés à la suite du bombardement de Rafah par Israël, indiquant qu’aucun blessé n’a été enregistré dans le secteur central. « Des explosions massives ont été entendues dans différentes parties de la bande de Gaza, au moment même où les étudiants quittaient leurs écoles », a noté notre correspondent. Des témoins oculaires ont déclaré: « La panique a été enregistrée parmi les écoliers de Rafah et un autre par des éclats d'obus lors du récent bombardement de plusieurs cibles à l'ouest de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza ». Cette situation intervient peu après que le porte-parole de l'armée israélienne a annoncé qu'une roquette avait été tirée depuis la bande de Gaza sur Beersheba, prétendant qu'elle avait causé de graves dommages à l'une des maisons après sa chute, causant plusieurs cas de panique et qu'un autre missile avait atterri à la mer sans préciser l’endroit. https://french.palinfo.com/42990 @Copyright Le Centre Palestinien D'Information
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Un accord a été trouvé pour clore le dossier Khashoggi (mer., 17 oct. 2018)
Le deal pour clore l’assassinat de Khashoggi est ficelé et l’on commence à chercher un bouc-émissaire comme pour Lockerbie Un accord a été trouvé pour clore le dossier Khashoggi Trump rejette la faute sur des « agents indisciplinés » Quand le Président américain Donald Trump déclare que des « éléments indisciplinés » pourraient être derrière l’assassinat du journaliste Khashoggi à l’intérieur du consulat saoudien à Istanbul et que le Roi Salman Ben Abdelaziz lui a affirmé qu’il ne savait rien, cela signifie que la recherche d’un bouc-émissaire a commencé et qu’un arrangement entre les Etats-Unis, la Turquie et l’Arabie saoudite a été trouvé afin de refermer ce dossier, sans doute pour toujours. Le fait que l’Arabie saoudite mène une enquête interne est un premier aveu officiel L’annonce par le Roi Salman qu’il a demandé une enquête interne autour de ce crime est un « aveu » de l’implication d’agents saoudiens et une volte-face par rapport aux 13 jours précédents où l’on niait tout rôle saoudien et l’on assurait que Khashoggi avait quitté le consulat vingt minutes après y être entré, tout en prétendant se faire du souci pour lui. Nous pensons que ce revirement saoudien est dû aux informations transmises par un responsable et une source du ministère de l’intérieur turc relayées par Reuters comme quoi les services de sécurité turcs disposeraient d’un enregistrement sonore confirmant que Khashoggi a été tué dans la consulat. Il est possible qu’une copie de cette enregistrement ait été envoyée en Arabie saoudite et aux Etats-Unis. Le Roi Salman Ben Abdelaziz a dit la vérité quand il a affirmé au Président américain qu’il ne savait rien de l’affaire, car le véritable dirigeant du Royaume est le Prince héritier Mohammed Ben Salman. C’est donc lui qui est pointé du doigt et son entourage. Qui à l’intérieur des services de sécurité pourrait commettre un tel crime dans le consulat saoudien à l’encontre d’un journaliste célèbre et envoyer une équipe composée de 15 hommes, à part le premier décisionnaire dans le Royaume actuellement ? Celui qui a pris la décision d’attaquer le Yémen ne va pas hésiter longtemps avant d’assassiner un journaliste qui est un ancien de la maison. L’intervention du Roi Salman, ou plutôt l’intervention en son nom , alors que le Royaume est en difficulté est devenue habituelle : quand l’Arabie saoudite et son Prince héritier ont été accusés de soutenir la Transaction du siècle et la judaïsation de Jérusalem, qui en est un des principaux éléments, le Roi d’Arabie saoudite a publié un communiqué confirmant que son pays restait fidèle à l’initiative de paix arabe pour un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem comme capitale, et qu’il était sur la même ligne que les Palestiniens. Ce scénario est en train de se répéter à la lettre. La question est maintenant de savoir qui sera le « bouc-émissaire » sacrifié à la place du Roi saoudien, du Prince héritier et des dirigeants du Royaume ? Quel est le prix à payer à la Turquie et aux Etats-Unis pour étouffer ce crime ? La transaction de Lockerbie Pour répondre à cette question, du moins en partie, il faut revenir à l’affaire de Lockerbie et la transaction qui a été trouvée pour sauver le Colonel Muammar Khadafi et lever le terrible blocus de la Libye. Il est d’ailleurs paradoxal que le Royaume d’Arabie saoudite et le prince Bandar Ben Sultan, son ambassadeur à Washington de l’époque, ait été parmi les principaux artisans de cette transaction. J’ai rencontré en personne le principal accusé, ou plutôt le « bouc-émissaire » libyen de cette affaire, Abdelbaset Al-Megrahi. C’était un agent des services de sécurité libyens, qui a été condamné à la prison à vie pour avoir mis une bombe dans une des valises de l’avion de la Pan Am qui a explosé au-dessus de l’Ecosse et fait environ 300 victimes. Al-Megrahi, qui m’avait invité à lui rendre visite dans sa prison à Glasgow, m’a affirmé qu’il n’avait rien à voir avec ce crime. Il souffrait d’un cancer de la prostate en phase terminale et n’avait plus que quelques mois à vivre. Il s’est alors mis à pleurer à chaudes larmes, comme jamais je n’ai vu quelqu’un pleurer. Al-Megrahi m’a dit qu’il aurait assez de courage pour dire qu’il avait commis ce crime car il n’avait plus rien à perdre mais m’a affirmé qu’il avait été sacrifié pour sauver d’autres personnes. Abdel Rahman Shalgham, ancien Ministre libyen des affaires étrangères et camarade de classe, m’a confirmé quelques semaines plus tard que la Libye n’avait rien à voir avec Lockerbie et qu’ils avaient payé environ trois milliards de dollars en compensation aux Etats-Unis afin que le blocus soit levé. Cet homme est toujours vivant… Que va obtenir le Président américain en échange de sa collaboration ? Pour la troisième fois, nous répétons que les transactions passent avant les droits de l’homme, notamment pour un président comme Trump, qui ne jure que par les commissions et ne sait rien faire d’autre que du chantage aux pays du Golfe pour leur voler leurs milliards. Dans toute l’histoire des Etats-Unis, on n’a jamais vu un Président faire du chantage de manière aussi effrontée et déclarer à quatre reprises en quelques jours que les gouvernements de ces pays ne resteraient pas plus de deux semaines en place sans la protection américaine. Il est même allé encore plus loin en déclarant que l’Iran occuperait l’Arabie saoudite en 12 minutes sans cette protection. Nous ne connaissons pas la somme que va obtenir Trump pour sortir le gouvernement saoudien de ce bourbier mais elle devrait dépasser les centaines de milliards et il ne fait aucun doute que Pompeo, qui est parti pour Riyad aujourd’hui, apporte la « facture » détaillée dans ses valises. Que Dieu fasse miséricorde à Khashoggi, vivant ou mort. Le prochain scoop qui devrait faire la une des journaux concerne la découverte de son cadavre et les circonstances de sa mort dans le consulat saoudien…
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L’Alyah, une aberration du XXIème siècle qui en dit long sur notre régression sociale et internationale (mer., 17 oct. 2018)
L’Alyah, c’est l’application de la théorie de la séparation, qui a fondé le sionisme, en affirmant que Juifs et non Juifs ne pouvaient pas vivre ensemble. L’Etat d’Israël entretient cette théorie par un appel aux Juifs du monde, à venir consolider la présence juive en Israël face au défi démographique que représentent les Palestiniens. L’Alyah, une aberration du XXIème siècle qui en dit long sur notre régression sociale et internationale Alyah signifie en hébreu « montée » ou « ascension ». L’Alyah est à la fondation de l’État d’Israël, en tant que « foyer national juif ». Depuis le projet sioniste de la fin du XIXème siècle jusqu’à 1948 et encore aujourd’hui, différentes vagues d’immigration juives, appelées à faire leur Alyah, ont peuplé les terres de Palestine, repoussant ou enfermant toujours plus la population palestinienne autochtone. Comment un pays qui se proclame « démocratique », peut-il organiser aux yeux de tous, une propagande religieuse et communautaire, visant à inciter les Juifs du monde entier, et uniquement les Juifs (certificat obligatoire) à venir s’installer en Israël, en le qualifiant de « leur pays » ? Comment une telle attitude d’incitation au repli communautaire, au rejet des autres cultures et donc une attitude de racisme, peut-elle être ignorée, voire soutenue, par nos États occidentaux ? Est-ce cela une démocratie ? NON ! Il n’y a pas d’autre mot qu’APARTHEID pour qualifier cette politique. Pourtant aboli et condamné en 1991 en Afrique du Sud, l’apartheid évolue en Israël en toute impunité. L’État vient même de le renforcer par la récente promulgation de la loi de l’État Nation, qui accroît les privilèges de langue, d’éducation, de droits fonciers… aux citoyens juifs et creuse d’autant plus le fossé des discriminations et des inégalités, avec les autres populations devenues des « citoyens de seconde zone ». Et nos États laissent faire et se rendent complices… Le salon de l’Alyah en France ne devrait pas avoir lieu car il soutient l’apartheid israélien et en fait même sa propagande. Il est encore un exemple parmi tant d’autres de l’impunité dont bénéficie cet état criminel. Par la négation des autres religions et origines ethniques, l’Alyah contribue à creuser le rejet des différences et, par là, à provoquer l’antisémitisme. Les organisations qui le soutiennent sont toutes aussi responsables de la montée de l’antisémitisme, par l’amalgame qu’elles entretiennent en taxant les antisionistes d’antisémites, en encourageant l’idée d’un conflit communautaire pour diviser les peuples et semer la discorde. De par nos origines juives, nous ne nous reconnaissons pas dans cette propagande et la condamnons énergiquement. Valérie Cabanne (UJFP) Montpellier le 14 octobre 2018
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Chine : Des enfants piégés par la répression au Xinjiang (mer., 17 oct. 2018)
Le gouvernement devrait permettre aux familles d’être réunies et mettre fin aux détentions arbitraires massives Chine : Des enfants piégés par la répression au Xinjiang Le gouvernement chinois devrait permettre à des familles de la province du Xinjiang de récupérer les enfants qui ont été placés dans des orphelinats suite à la détention arbitraire de leurs parents, a déclaré Human Rights Watch aujourd'hui. Le Financial Times et l'agence Associated Press ont décrit la façon dont les enfants de musulmans d'ethnie turque détenus ont été soustraits à leurs familles et placés dans des établissements d'État. Dans son rapport de septembre 2018 sur les détentions massives au Xinjiang, Human Rights Watch détaillait un cas de ce type. Des estimations crédibles indiquent qu'un million de musulmans d'ethnie turque sont détenus dans des camps de rééducation politique illégaux au Xinjiang, tandis que d'autres, dont le nombre n'est pas connu, sont retenus arbitrairement dans des centres de détention et des prisons, dans le cadre de la campagne abusive lancée par le gouvernement chinois, « Frapper fort contre l’extrémisme violent » (campagne « Strike Hard »). « Les autorités chinoises ont cruellement placé les enfants de certains détenus politiques du Xinjiang dans des institutions d'État », a déclaré Sophie Richardson, directrice de recherches sur la Chine auprès de la division Asie de Human Rights Watch. « Cela fait partie d'un programme gouvernemental pervers qui consiste à soustraire des enfants de citoyens musulmans d'ethnie turque à leurs familles, au nom de leur bien-être matériel. » En novembre 2016, le Secrétaire du Parti communiste du Xinjiang, Chen Quanguo, a ordonné aux autorités locales de placer tous les orphelins du Xinjiang dans des institutions d'État d'ici à 2020, dans le cadre d'une série d'initiatives visant au développement de la région. Cet ordre incluait la « concentration » (集中收养) d'orphelins qui étaient auparavant élevés « de façon éparpillée » – y compris par leurs familles au sens large – et leur placement dans des institutions afin « d'améliorer leur niveau de vie ». Cette politique régionale définit généralement les orphelins comme « des enfants qui ont perdu leurs parents ou dont les parents sont introuvables; » dans certaines régions, ceci inclut les enfants dont l'un des parents - ou les deux - sont en détention provisoire ou incarcérés. Aux termes de la politique régionale applicable au Xinjiang, promulguée en janvier 2017, les responsables locaux sont encouragés à « orienter » les enfants qu'ils considèrent comme orphelins vers les orphelinats d'État, y compris en remplissant tous les lits vides dans les orphelinats existants, en rénovant ceux-ci et en construisant de nouvelles installations. Certains de ces nouveaux établissements semblent conçus pour accueillir au moins 100 enfants, selon des informations diffusées par les médias. Le but du gouvernement est de passer d'un taux de 24% d'institutionnalisation d'« orphelins » au Xinjiang à 100% entre 2017 et 2020. Si la politique régionale décrit généralement les enfants visés comme étant ceux qui « souhaitent être institutionnalisés », elle ne donne aucun détail en ce qui concerne le consentement. Elle ne précise notamment pas si c'est le souhait des enfants, des parents ou de la famille au sens large qui sera pris en considération ; quelle agence gouvernementale prendra la décision ; ni s'il existera des procédures pour déterminer ce consentement ou pour le contester. Dans un rapport présenté en septembre 2017, le gouvernement local affirme que les enfants peuvent rester vivre avec des tuteurs qui ne souhaitent pas les envoyer dans des orphelinats. Cependant, d'autres autorités locales ont reçu des quotas impératifs à remplir. Dans le district de Jimsar, les responsables devaient envoyer 30 orphelins dans les institutions d'État avant fin octobre 2017. Dans le district de Xinyuan, les autorités ont ordonné aux responsables locaux d'institutionnaliser 60 orphelins avant fin novembre 2017, sous peine de notation négative. Dans la préfecture autonome mongole de Bayingolin, un rapport reconnaît la difficulté de remplir ces exigences: « Les tuteurs des orphelins sont des membres de leur famille comme par exemple des grands-parents … ces tuteurs ne veulent pas confier les enfants à des institutions. Les enfants et leurs tuteurs ne souhaitent pas être séparés pour de longues périodes et ne sont pas convaincus que les orphelinats soient un endroit sûr pour les enfants. » L'article 4 de la Loi chinoise sur l'adoption définit les orphelins comme étant « les enfants de moins de 14 ans qui ont perdu leurs parents, ceux dont les parents sont introuvables et ceux dont les parents ont des difficultés particulières et sont incapables d'élever leurs enfants. » Même si l'article 43 de la Loi chinoise sur la protection des mineurs stipule que les orphelinats créés par le ministère des Affaires civiles ont la responsabilité de s'occuper des orphelins, la loi chinoise ne donne pas aux autorités gouvernementales le pouvoir de soustraire des enfants aux membres de leur famille pour les remettre aux soins de l'État, et ne prévoit aucune procédure juridique pour ce faire. Les informations selon lesquelles des enfants sont placés dans des orphelinats contre la volonté de leur famille sont particulièrement alarmantes, étant donné la répression massive menée par le gouvernement contre l'identité culturelle des communautés minoritaires musulmanes turcophones du Xinjiang, comme Human Rights Watch et d'autres organisations l'ont documenté. Dans les écoles, les autorités ont depuis longtemps interdit que les enfants reçoivent une éducation religieuse et ont progressivement marginalisé l'utilisation des langues vernaculaires, tout en poussant à l'utilisation du mandarin comme langue d'enseignement. Toutes les pratiques religieuses musulmanes ont été restreintes. Le préambule de la Convention relative aux droits de l'enfant, que le gouvernement chinois a ratifié, reconnaît la famille comme le « milieu naturel » pour la croissance et le bien-être des enfants. En vertu de l’Article 9, les États parties doivent veiller à ce que « l'enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré, à moins que les autorités compétentes ne décident, sous réserve de révision judiciaire et conformément aux lois et procédures applicables, que cette séparation est nécessaire dans l'intérêt supérieur de l'enfant ». Une telle détermination peut être nécessaire dans des cas particuliers, tels que ceux concernant des sévices ou de la négligence de la part des parents. Même quand des arrangements particuliers sont nécessaires, la prise en charge d'un enfant par des membres de sa famille doit être privilégiée. Soustraire un enfant de la charge de sa famille est normalement une mesure de dernier ressort qui devrait, quand c'est possible, être prise à titre temporaire et pour la période la plus courte possible. Les responsables doivent s'assurer qu'un enfant capable d'avoir ses propres opinions ait le droit de les exprimer librement sur toutes les questions qui le concernent. L'opinion de l'enfant devrait être prise dûment en considération, compte tenu de son âge et de sa maturité. Toutes les décisions concernant des solutions alternatives devraient prendre pleinement en compte la nécessité de principe de maintenir l'enfant aussi près que possible de son lieu habituel de résidence, de faciliter ses contacts et son éventuelle réinsertion au sein de sa famille, et de minimiser les perturbations dans la vie de l'enfant sur les plans éducationnel, culturel et social. Alors que des informations sont parvenues ces derniers mois au sujet de violations massives et systématiques des droits humains au Xinjiang, les organes des Nations Unies, des gouvernements et d'autres entités ont exprimé publiquement leur préoccupation en ce qui concerne la politique de la Chine. Les États-Unis envisagent d'infliger des sanctions à divers responsables et entités du Xinjiang. L'Allemagne et la Suède ont suspendu temporairement les extraditions vers la Chine de membres chinois de l'ethnie ouïghoure. Mais les gouvernements devraient prendre des mesures plus fermes, notamment en créant une coalition internationale afin de recueillir des preuves de graves abus et de pousser pour que les responsables soient amenés à rendre des comptes, a déclaré Human Rights Watch. « En envoyant sans motif valable des enfants du Xinjiang dans des institutions d'État, les responsables ajoutent au traumatisme de la campagne ‘Frapper fort’ de la Chine », a affirmé Sophie Richardson. « Les gouvernements qui n'étaient pas précédemment scandalisés par les actions de Pékin au Xinjiang devraient insister auprès de la Chine pour qu'elle change immédiatement de cap et limite les dégâts à long terme causés par ces mesures. » #Chine : Des enfants piégés par la répression au #Xinjiang. Halte aux cruelles séparations familiales dues à la détention arbitraire de milliers d’adultes. https://t.co/7qD5r9VtXs — HRW en français (@hrw_fr) 16 octobre 2018
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Trump: "Ma plus grande menace, c'est la Fed" (mer., 17 oct. 2018)
Trump: Le président des Etats-Unis Donald Trump a une nouvelle fois ouvertement critiqué mardi la Banque centrale américaine (Fed), jugeant qu'elle était sa "principale menace" car elle remonte les taux d'intérêt "trop rapidement". "Ma principale menace, c'est la Fed", a déclaré M. Trump sur Fox Business. "Parce que la Fed augmente les taux trop rapidement, et elle est trop indépendante". Le locataire de la Maison Blanche a précisé qu'il ne parlait pas au président de la Fed, Jerome Powel, car l'institution est "indépendante". "Mais je ne suis pas content de ce qu'il fait", a-t-il tenu à souligner. Il y une semaine, piqué au vif par la lourde chute de la Bourse, M. Trump avait déjà dénoncé la démarche "trop agressive" de la Banque centrale, rompant avec la tradition de réserve en public adoptée par la plupart de ses prédécesseurs. La Banque centrale américaine a commencé à remonter progressivement les taux fin 2015 après avoir alimenté pendant près d'une décennie l'économie américaine en argent pas cher pour relancer la machine à la suite de la crise financière de 2008. Mais l'institution présidée par Jerome Powell souhaite désormais éviter la surchauffe, tout en signalant très clairement ce qu'elle compte faire jusqu'à la fin de l'année prochaine pour n'effrayer personne: une hausse des taux en décembre et deux ou trois en 2019. (©AFP / 16 octobre 2018 20h49) https://www.romandie.com/news/Trump-Ma-plus-grande-menace-c-est-la-Fed/962702.rom
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Contre l'avis des Etats-Unis, nouveaux pouvoirs pour les Palestiniens à l'ONU (mer., 17 oct. 2018)
Contre l'avis des Etats-Unis, nouveaux pouvoirs pour les Palestiniens à l'ONU L'Assemblée générale des Nations unies a attribué mardi aux Palestiniens, au statut d'observateurs, des pouvoirs légaux supplémentaires afin qu'ils puissent exercer en 2019 la présidence du Groupe des 77, un nouveau rôle vivement dénoncé par les Etats-Unis. Une résolution en ce sens, présentée par l'Egypte, a été approuvée par 146 pays sur les 193 composant l'ONU. Trois pays ont voté contre --Etats-Unis, Israël et Australie--, quinze se sont abstenus, le reste ne s'étant pas déplacé pour le scrutin. Au-delà de son enjeu juridique, ce texte est accompagné d'une grande symbolique alors que les Palestiniens n'ont pas d'Etat et que l'administration de Donald Trump ne cesse de retarder la divulgation d'un plan de paix pour régler le conflit israélo-palestinien. Le 27 septembre, en marge de l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, "le Groupe des 77 et de la Chine" --qui comprend en réalité 134 pays-- avait choisi la Palestine pour assumer en 2019 sa présidence tournante. Créé pour favoriser les intérêts économiques de ses membres, le G77 --plus grosse coalition d'Etats en développement au sein des Nations unies-- est aujourd'hui une force de négociation de poids, notamment sur les questions budgétaires. La résolution contient une série de modalités "pour la participation de l'Etat de Palestine" aux différentes sessions et conférences internationales auxquelles participera le G77 l'année prochaine. Une annexe jointe cite, entre autres, "le droit de faire des déclarations au nom du Groupe des 77 et de la Chine", "le droit de se porter coauteur de propositions et d'amendements" et "le droit de soulever des motions de procédure". Le texte de la résolution rappelle que "l'Etat de Palestine" est déjà "partie à de nombreux instruments conclus sous les auspices de l'Organisation des Nations unies et qu'il est membre à part entière de plusieurs institutions spécialisées et organes de l'Organisation des Nations unies". - "Reconnaissance internationale" - Cette résolution donne aux Palestiniens "la capacité de parler, de parrainer des textes, des prérogatives qu'ils n'ont pas" comme observateurs, explique un diplomate sous couvert d'anonymat. Présider le G77 "permettra aux Palestiniens d'obtenir une reconnaissance internationale, montrera qu'ils sont un acteur international capable de parler d'autre chose que du conflit israélo-palestinien", ajoute ce diplomate. Brouillés avec les Palestiniens depuis la reconnaissance il y a près d'un an de Jérusalem comme capitale d'Israël, les Etats-Unis ont exprimé leur vif désaccord avec le nouveau rôle dévolu à la Palestine. "Les Palestiniens ne sont pas un Etat membre de l'ONU, et pas un Etat du tout", a réagi sèchement dans un communiqué l'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley. "L'erreur de l'ONU aujourd'hui sape les espoirs d'une paix en alimentant l'illusion entretenue par certains dirigeants palestiniens qu'ils peuvent avancer vers leurs objectifs sans négociations de paix directes" avec les Israéliens, a-t-elle ajouté, jugeant que "le vote n'aidait en rien le peuple palestinien". "Ce vote montre le multilatéralisme sous son meilleur jour", a au contraire lancé devant l'Assemblée générale l'ambassadeur palestinien à l'ONU, Riyad Mansour. "Ce vote est une expression de respect à l'égard de la décision du G77" de confier sa présidence aux Palestiniens, a-t-il estimé. Les Palestiniens peuvent se targuer d'avoir réalisé un bon score avec 146 pays ayant soutenu leur démarche. Lorsque, fin 2017, l'Assemblée générale de l'ONU avait été saisie d'une résolution condamnant la décision américaine de reconnaître unilatéralement Jérusalem comme capitale d'Israël, 128 pays sur 193 l'avaient approuvée. Neuf, dont les Etats-Unis, s'y étaient opposés. Sous forte pression américaine, 35 pays avaient choisi l'abstention et 21 la chaise vide. Fin septembre, le président palestinien Mahmoud Abbas, notant que "183 pays" de l'ONU avaient "reconnu" l'Etat de Palestine, avait appelé "tous les pays du monde, et ceux qui ne l'ont pas fait, à effectuer cette reconnaissance". Mardi, plusieurs pays européens dont le Royaume-Uni et l'Allemagne ont tenu à souligner que leur vote positif n'équivalait pas à une reconnaissance de la Palestine comme un Etat. (©AFP / (17 octobre 2018 00h41) https://www.romandie.com/news/ZOOM-Contre-l-avis-des-Etats-Unis-nouveaux-pouvoirs-pour-les-Palestiniens-l-ONU/962729.rom
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Le parquet de Paris assigne les opérateurs de télécoms pour bloquer un site d'extrême droite (mar., 16 oct. 2018)
Le parquet de Paris assigne les opérateurs de télécoms pour bloquer un site d'extrême droite Le procureur de la République de Paris a assigné en référé les opérateurs de télécoms pour qu'ils bloquent un site internet d'extrême droite publiant des contenus haineux à caractère raciste, antisémite et homophobe, une démarche inédite, a appris mardi l'AFP de source proche du dossier. Neuf opérateurs, dont les quatre principaux : SFR, Orange, Free et Bouygues Telecom, sont assignés le 8 novembre à 14H au tribunal de grande instance de Paris dans le cadre de cette procédure d'urgence. Le procureur demande au juge des référés de constater le trouble manifestement illicite causé selon lui par le site "Démocratie participative" et d'ordonner aux fournisseurs d'accès internet de bloquer l'accès à ce site, dans un délai de 15 jours, sous astreinte de 10.000 euros par jour de retard à compter de la date d'expiration de ce délai. C'est la première fois que le parquet de Paris demande le blocage d'un site par cette voie procédurale, selon la source. Cette démarche devant le juge civil intervient alors qu'"aucune poursuite pénale n'a été rendue possible" pour l'heure dans ce dossier, selon la source. De nombreuses plaintes et signalements dénonçant les propos extrêmement violents publiés par ce site ont été adressés depuis juin 2017 au parquet de Paris, émanant de particuliers, d'associations de lutte contre le racisme ainsi que du Délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah, rattachée au Premier ministre). En vain. Saisie d'une enquête, la Brigade de répression de la délinquance des personnes de la Police judiciaire (PJ) parisienne n'a toutefois pas été en mesure jusqu'à présent d'identifier le directeur de publication et l'hébergeur du site, celui-ci ne contenant aucune mention légale. Le nom de domaine est pour sa part enregistré aux Etats-Unis et son titulaire a masqué son identité en ayant recours à une société américaine spécialisée dans ce type de services. Fin août, le parquet de Grenoble avait ouvert une information judiciaire après la publication quelques jours plus tôt sur ce site de propos antisémites visant Denis Dreyfus, l'avocat de la famille d'un jeune homme tué à la sortie d'une discothèque près de Grenoble. (©AFP / 16 octobre 2018 17h03) https://www.romandie.com/news/Le-parquet-de-Paris-assigne-les-op-rateurs-de-t-l-coms-pour-bloquer-un-site-d-extr-me-droite/962645.rom
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Evènements du 17 octobre 1961 : des organisations interpellent Macron pour un geste symbolique (mar., 16 oct. 2018)
Evènements du 17 octobre 1961 : des organisations interpellent Macron pour un geste symbolique Une dizaine d’associations et d’organisations syndicales et politiques interpelle le Président français Emmanuel Macron pour faire un geste symbolique à l’occasion du 57e anniversaire du massacre de manifestants algériens du 17 octobre 1961 à Paris. «Que le président de la République, au nom de la France, confirme, par un geste symbolique, la reconnaissance et la condamnation de ce crime d’Etat. Comme il vient de le faire pour l’assassinat de Maurice Audin par l’armée française et pour l’existence d’un système de torture généralisé. Cette reconnaissance doit s’étendre aux milliers d’Algériens qui en ont été victimes», écrivent ces organisations françaises qui militent pour la vérité et la justice sur les événements du 17 octobre 1961. «Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui leur avait été imposé par le gouvernement de l’époque dont le Premier ministre Michel Debré était hostile à l’indépendance de l’Algérie, et le préfet de police Maurice Papon sous ses ordres. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés – notamment par la «force de police auxiliaire» – ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police», écrivent ces organisations dans une déclaration commune. Les signataires de cette déclaration, dont des députés des Verts, demandent à ce que «l’Etat français reconnaisse sa responsabilité dans l’internement arbitraire, pendant la Guerre d’Algérie, d’Algériens dans des camps». Ils réclament aussi la liberté d’accès aux archives pour tous, historiens et citoyens et l’encouragement de la recherche historique sur ces questions, dans un cadre franco-algérien, international et indépendant. Ils demandent dans le même sillage que la vérité soit dite sur l’organisation criminelle de l’OAS que certains, comme au sein de la droite et extrême droite politique, veulent la réhabiliter. «Pour être fidèles à leur mission scientifique, les historiens ont besoin de pouvoir accéder librement aux archives, échapper aux contrôles des pouvoirs ou des groupes de pression et travailler ensemble, avec leurs collègues algériens», précisent ces organisations qui espèrent ainsi que 57 ans après, la vérité est partiellement en marche. «On ne construit pas la démocratie sur des mensonges et des occultations. Après plus d’un demi-siècle, il est temps de faire la lumière sur ces événements tragiques, estiment les signataires de la déclaration, tels que l’Association française d’amitié et solidarité avec les peuples d’Afrique, l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis, l’Association nationale de protection de la mémoire des victimes de l’OAS, l’Association amitié France Algérie, le parti l’Europe écologie les Verts, le Nouveau Parti anticapitaliste, le Parti de gauche, le Parti des indigènes de la République et le Parti communiste français. http://www.babalweb.net/open.php?artid=310753&title=assassinat-de-khashoggi-le-fils-du-roi-saoudien-implique-trump-et-son-gendre
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