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08

sept.

2013

Qwant : l'émule français de Google

Qwant a officiellement levé les rideaux le 4 juillet dernier, après la mise en ligne d'une version bêta en février 2013. Sa stratégie de conquête du marché dominé par les géants du secteur comme Google est l'innovation : classer les résultats selon les sources et tout présenter sur une seule page. L'exhaustivité, l'anonymat et un service en ligne Web 2.0 sont les points forts du moteur de recherche français. Un sans-faute toutefois gâché par le mimétisme chromatique.

On ne le dira jamais assez, le Web regorge de richesses d'une quantité inouïe. A peu près du même ordre que celles d'un océan. Comme un chalut, qui ne remonte qu'une partie des ressources halieutiques, les moteurs de recherche ne nous présentent que ce qu'ils ont indexés et, parfois, ce qu'ils veulent mettre en avant. D'où l'intérêt de varier les moteurs de recherche pour avoir plus de résultats ou des résultats plus pertinents. C'est la raison pour laquelle un nouveau-né de ce marché a été accueilli en fanfare : Qwant.

 

Après un développement en secret depuis deux ans et une phase de rodage qui a duré près de cinq mois, Qwant, un moteur de recherche innovant créé par une start-up française éponyme, est passé de la version bêta en février 2013 à la version officielle le 4 juillet dernier. Pour se faire frayer un chemin déjà encombré par les mastodontes de la recherche comme Google et Bing, ou par les moteurs alternatifs comme DuckDuckGo, Exalead ou Yandex, qui peinent à tirer leur épingle du jeu tant la domination des deux poids lourds précités est écrasante, la jeune pousse a misé sur l'innovation. Sa stratégie de conquête du marché repose sur le classement des résultats en fonction des sources et l'implication des internautes dans le projet.

 

Affichage des résultats en colonnes ou en mosaïque sur une seule page

Voilà pourquoi l'interface de Qwant est différente de celle des moteurs de recherche traditionnels. Et pour cause. Le résultat des requêtes s'affiche sur une seule page sous forme de colonnes ou de mosaïque. Cérise sur le gâteau, plus besoin de cliquer sur les pages suivantes : les autres pages défilent verticalement sous l'action de la molette ou de l'ascenseur grâce à la technologie "infinite scroll" ou "endless scroll" (défilement infini, pagination infinie), comme sur DockDockGO et Yandex.

 

C'est l'affichage en colonnes qui est activé par défaut. Pour basculer en mosaïque, il suffit de cliquer sur le bouton Mosaïque (voir l' image ci-contre) ; pour revenir à l'affichage classique, sur le bouton Colonnes.

 

Que l'affichage des résultats soit fait en colonnes ou en mosaïque, un principe est de rigueur : l'indexation selon les sources. Celles-ci ont été classées en cinq catégories, ce qui explique la présentation en colonnes : Web, Actualités, Qnowledge Graph, Social et Shopping. Et deux onglets en bonus : Média et People. Selon que vous êtes au format colonnes ou mosaïque, les catégories se présentent différemment : une barre horizontale en haut de page et cinq colonnes pour le format colonnes ; un menu latéral situé à gauche pour le format mozaïque.

 

  • Web affiche les résultats classiques tels que glanés par tout moteur de recherche sur la toile ;
  • Actualités affiche les résultats issus de sites de news comme ceux que répertorie habituellement Google News ;
  • Qkowledge Graph affiche un condensé des principales infos autour de l'objet de la requête comme le fait Google Knowledge Graph. Ces infos  proviennent, pour l'heure, de Wikipédia ;
  • Social affiche les résultats issus des réseaux sociaux ;
  • Shopping affiche les liens vers des sites marchands sous contrat d'affiliation ;
  • Média  affiche les résultats sous forme d'images ou de vidéos liées à la requête ;
  • People affiche les profils de personnes physiques ou morales sur les réseaux sociaux. L'internaute peut ici accéder à tous ses comptes.

 

L'implication des internautes dans le projet

 

L'aspect participatif est l'autre versant de la stratégie de conquête de l'émule de Google. Pour impliquer les internautes dans le projet et élargir son assise communautaire, Qwant s'est doté de ce qu'il faut pour être un service en ligne estampillé Web 2.0.

 

Primo, il serait erroné de n'y voir qu'un moteur de recherche car il peut être considéré comme un réseau social à part entière. En effet, une inscription permet d'accéder à une multitude de fonctionnalités comme la constitution et le partage de bookmarks (favoris) ou de carnets de notes, la publication de contenus sur les réseaux sociaux, la création d'adresses e-mails (en projet),  etc. Ainsi, via l'onglet People, l'internaute peut contrôler sa vie sur Internet en accédant à tous ses profils sociaux pour effacer ou modifier ses posts. De quoi faire du site une tour de contrôle du patrimoine numérique des internautes, comme l'ambitionnent ses fondateurs. 

 

Segundo, pendant la phase bêta, les internautes ont été invités à participer à l'amélioration du service en ligne  via la fonctionnalité "feedback", qui permet de recueillir les suggestions et critiques. La start-up indique que cela a permis d'améliorer la navigation, de créer la fonctionnalité "carnets de notes" et d'optimiser la version mobile. Et qu'elle maintiendra cette fonctionnalité pour que les internautes continuent à améliorer le site.

 

Les points forts du moteur de recherche

 

Service en ligne Web 2.0, exhaustivité et anonymat  : tels sont les points forts du moteur de recherche, qui est disponible en plusieurs langues.

 

Eric Leandri, le PDG  de la start-up, les résume ainsi sur le blog de Qwant : « Etre libre, c’est connecter tous les univers du Net et contrôler son patrimoine numérique. Le respect des données personnelles est vital pour l’internaute. Nous voulons être acteurs de ce changement. Notre équipe a mis au point un moteur de recherche exhaustif et unique pour réunir en une page tous les univers du Net. QWANT garantit aussi l’anonymat de chacun. Tous nous voulons communiquer enfin librement avec tout et avec tous. »

 

A en croire Jean-Manuel Rozan, le co-fondateur de la start-up, l'un des points forts du moteur de recherche, c'est l'indexation et la présentation des publications de  tout le web, y compris les médias sociaux (Facebook, Twitter, etc.), sans parti pris. C'est le gage d'avoir en un coup d'oeil les résultats les plus exhaustifs sur un sujet quelconque, alors que les moteurs traditionnels privilégient les publications des médias de leur sérail.  « Aujourd'hui, déclare-t-il sur Lachainetechno.tv, les grandes sociétés qui dominent Internet comme Google font bien attention à ne pas tout vous montrer. Vous n'avez pas conscience que vous n'avez pas tout, vous croyez que vous avez tout sur Google, mais ce n'est pas vrai. Je vais vous donner un exemple très simple : allez sur Qwant et mettez "Google" ; après, allez sur Google et mettez "Google" ; vous allez voir la différence [...]. S'il y a sur Google+ un commentaire social intéressant, ils vont vous le montrer, mais si c'est sur Facebook que ce commentaire existe, vous ne le verrez jamais. Lorsque vous aurez le Social Graph de Facebook sous les yeux, si le commentaire le plus pertinent est sur Twitter, Facebook ne vous le montrera pas non plus [...]. Cela fait à peu près dix ans et surtout deux ans que Google a arrêté de vous montrer tout pour ne sélectionner que ce qu'elle veut vous vendre.  [...] »

 

L'originalité sacrifiée sur l'autel du mimétisme chromatique

Qwant entend donc défier les géants du Net et bouleverser les habitudes des internautes en promettant des résultats sans discrimination et la possibilité de contrôler notre vie numérique sur la toile à partir d'un seul site. Outre la polémique sur l'authenticité des innovations (LePoint  & LaTribune), on regrettera tout de même le surprenant choix des couleurs de son logo, qui semblent si calquées sur Google que les coutumiers de tests de logique spatio-géométrique détecteront aisément les similitudes avec Chrome (sur l'image ci-contre, j'ai compté 5 similitudes*). C'est dommage d'avoir sacrifié l'originalité sur l'autel du mimétisme chromatique alors qu'on entend proposer une alternative qui est pourtant à la fois séduisante et prometteuse ! Un sans-faute gâché par ce mimétisme. 

 

 

Site : http://qwant.com/

Plus d'infos :

http://blog.qwant.com/qwant-lance-officiellement-le-4-juillet/

 

Moteurs alternatifs :

 

 

 

* Similitudes : les couleurs de Google Chrome (rouge, vert, jaune, bleu et blanc), la figure géométrique, la disposition du champ chromatique sur l'anneau, le blanc de l'anneau interne et le disque interne (un point d'interrogation qui n'empêche pas la présence des deux dernières similitudes).

 

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Commentaires : 3
  • #1

    guidetti (dimanche, 08 septembre 2013 21:28)

    bonjour j'aime ce site

  • #2

    Karl (lundi, 09 septembre 2013 22:42)

    Bien vu ! Ce n'était pas la peine de copier autant google sur les couleurs et la "figure géométrique". Pour marquer leur différence, ils auraient pu, par exemple, choisir le coq comme emblème et le bleu, blanc, rouge comme couleurs. Ok, je suis chauvin avec mon cocorico mais c'est juste pour montrer que c'était facile de ne pas copier google.
    A part ça le concept est intéressant.

  • #3

    cumkwat (jeudi, 12 septembre 2013 14:59)

    Très pratique, ce moteur. J'adore. Hop dans mes marques-pages. J'attends encore un peu avant de le mettre comme moteur par défaut.